400 millions d’euros pour le plan de soutien aux stations de ski françaises

Le gouvernement français a présenté vendredi dernier son plan de soutien spécifique pour les stations de ski. Au moment des premières annonces du « reconfinement », la décision de laisser les stations ouvertes mais de fermer les remontées mécaniques avait provoqué une vague de protestations des maires de villages et des professionnels de la montagne.

Le nouveau plan de soutien est estimé à environ 400 millions d’euros, avec les sociétés de remontées mécaniques comme premiers bénéficiaires. En effet, l’État prendra en charge 70% de leurs charges fixes au prorata du chiffre d’affaires annuel, et non pas au prorata du nombre de jours de fermeture forcée. Ceci s’explique par le fait que l’activité des remontées mécaniques est saisonnière : elle dure seulement 4 mois dans l’année et le mois de décembre représente globalement 20% du chiffre d’affaires annuel, selon l’association des stations de skis.

Autre mesure spécifique annoncée par le gouvernement : chaque commerce en station de ski recevra jusqu’à 10 000 euros d’aide si son chiffre d’affaires baisse de plus de 50%. Les moniteurs de ski pourront également bénéficier de cette aide qui, selon les Échos, devrait concerner 12 000 entreprises environ. En plus de ces mesures spécifiques, les entreprises du secteur ont bien entendu également la possibilité de mettre leurs employés en chômage partiel.

Selon les professionnels de la montagne, les stations de ski françaises représentent 18 000 emplois directs et 120 000 emplois indirects. Union Sport & Cycle, une association professionnelle, estime que le ski en France représente un chiffre d’affaires annuel d’environ 10 milliards d’euros, réparti entre les dépenses d’hébergement, la restauration, les remontées mécaniques et l’équipement. En 2018, 10 millions de personnes sont venues en station de ski en France, dont 30% d’étrangers

Lexique : au prorata de

« En effet, l’État prendra en charge 70% de leurs charges fixes au prorata du chiffre d’affaires annuel, et non pas au prorata du nombre de jours de fermeture forcée ».

« Au prorata » est une expression qui vient du latin et signifie simplement « en proportion de« 

Pour l’exemple, prenons une société de remontées mécaniques qui est obligée d’arrêter son activité pendant tout le mos de décembre. Cette société a :
– un chiffre d’affaires annuel de 5 millions d’euros
– le mois de décembre représente 20% du chiffre d’affaires, soit 1 millions d’euros
– des charges fixes annuelles de 3 millions d’euros

L’aide du gouvernement est de 70% des charges fixes, au prorata du chiffre d’affaires annuel. Le calcul est donc le suivant : 
3 millions d’euros (charges fixes) * 20% (prorata du CA annuel en décembre) * 70% = 420 000 euros

Si le calcul était fait au prorata du temps où les remontées mécaniques sont arrêtées (1 mois sur 12 mois dans l’année), le résultat serait alors le suivant :
3 millions d’euros (charges fixes) *1/12 * 70% = 175 000 euros

Comme le mois de décembre est un mois où l’activité est très forte dans les stations de ski, le calcul de l’aide gouvernementale au prorata du chiffre d’affaires est plus intéressant pour les sociétés de remontées mécaniques. 

 

Grammaire : si + présent + futur (condition)

« Autre mesure spécifique annoncée par le gouvernement : chaque commerce en station de ski recevra jusqu’à 10 000 euros d’aide si son chiffre d’affaires baisse de plus de 50% ».

La construction « si + présent + futur » permet d’exprimer une condition et les conséquences de la réalisation de cette condition dans un futur plus ou moins proche. D’autre part, si la condition est réalisée, la conséquence est certaine

Ici :
1. la condition est la baisse de plus de 50% du CA (le verbe « baisser » est conjugué au présent de l’indicatif -> « baisse »)
2. la conséquence certaine de la réalisation de cette condition est le fait que le commerce recevra 10 000 euros (le verbe recevoir est conjugué au futur de l’indicatif -> « recevra »)

Dans ce type de construction, on peut avoir la conséquence avant l’hypothèse (comme dans l’article) ou l’inverse : 
« Autre mesure spécifique annoncée par le gouvernement : si le chiffre d’affaires d’un  commerce en station de ski baisse de plus de 50%, il recevra jusqu’à 10 000 euros d’aide« .

Photo : Photomix (Pexels)

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