Airbus choisit l’hydrogène

Dans une interview exclusive au journal Le Parisien, le PDG d’Airbus Guillaume Faury a détaillé les projets du constructeur européen dans le domaine de l’avion « décarboné », c’est-à-dire à faible émission de dioxyde de carbone (CO2). D’après lui, les investissements du groupe dans ce programme, baptisé « ZEROe » seraient de l’ordre de plusieurs dizaines de milliards d’euros.

L’avionneur a opté pour des avions à hydrogène, un combustible qui a l’avantage de rejeter essentiellement de la vapeur d’eau. Selon les experts, cette technologie devrait permettre de réduire de 90% la part du transport aérien dans l’effet de serre.

Airbus se fixe comme objectif de produire le premier avion à hydrogène à l’horizon 2035, un appareil moyen-courrier capable de transporter 200 personnes sur 3500 kilomètres. À plus long terme, le groupe travaille également sur un nouveau concept d’avion en forme d’aile géante (photo), capable de transporter 200 personnes sur des distances plus longues.

L’avion moyen-courrier devra être allongé par rapport aux modèles actuels pour pouvoir intégrer l’énorme réservoir d’hydrogène à l’arrière de l’appareil. En effet, l’hydrogène doit être stocké sous forme liquide et à une température inférieure à 250 degrés. De ce fait, les réservoirs d’hydrogène sont quatre fois plus volumineux que les réservoirs actuels.

Le fait de passer à l’hydrogène nécessitera également de nombreux investissements pour adapter les aéroports et mettre en place une filière de production et de distribution. C’est sans doute le point le plus critique du programme Airbus. 

Mais l’’hydrogène a le vent en poupe. Après l’Allemagne, la France a annoncé en début de mois un programme public de 7 milliards d’euros pour développer sa production et son utilisation. En juillet, l’Union Européenne avait annoncé son objectif de faire passer l’hydrogène de quasiment zéro à 14% de la consommation d’énergie avant 2050.

Lexique : avoir le vent en poupe

« Mais l’hydrogène a le vent en poupe« .

Cette expression vient du monde de la navigation marine. En effet, la « poupe » est la partie arrière des bateaux. Avoir le vent en poupe signifie donc que le vent arrive par l’arrière et pousse le bateau, rendant sa progression plus facile et plus rapide. 

Par extension, « avoir le vent en poupe » signifie bénéficier de circonstances favorables, progresser rapidement, avoir du succès, être populaire, etc.  Dans cet article, on peut dire que la technologie de l’hydrogène (et donc l’industrie associée) a le vent en poupe parce que l’Union Européenne et plus particulièrement certains pays ont décidé d’investir beaucoup d’argent public dans le développement de ce secteur. 

Pour exprimer l’idée contraire à « avoir le vent en poupe« , on ne dit pas « avoir le vent en proue » (la proue = la partie avant du bateau), mais on dit plus simplement « avoir le vent de face ».

Grammaire : de ce fait

« En effet, l’hydrogène doit être stocké sous forme liquide et à une température inférieure à 250 degrésDe ce fait, les réservoirs d’hydrogène sont quatre fois plus volumineux que les réservoirs actuels ».

« De ce fait » est une des nombreuses locutions permettant d’exprimer la conséquence en français. Elle est suivie d’une phrase à l’indicatif. 

« Ce fait » fait référence à une affirmation qui vient juste d’être exprimée. Ici, dans la phrase de l’article : 
ce fait = l’hydrogène doit être stocké sous forme liquide et à une température inférieure à 250 degrés. 

Expliqué différemment : 
L’hydrogène doit être stocké sous forme liquide et à une température inférieure à 250 degrés, c’est un fait. La conséquence de ce fait, c’est que les réservoirs d’hydrogène sont quatre fois plus volumineux que les réservoirs actuels ».

Quand on utilise « de ce fait », la cause est toujours placée avant la conséquence. C’est une expression formelle qui est presque uniquement utilisée à l’écrit. On peut remplacer « de ce fait » par « Par conséquent » (assez formel) ou « Du coup » (informel, oral) par exemple:

L’hydrogène doit être stocké sous forme liquide et à une température inférieure à 250 degrés. Par conséquent, les réservoirs d’hydrogène sont quatre fois plus volumineux que les réservoirs actuels.
L’hydrogène doit être stocké sous forme liquide et à une température inférieure à 250 degrésDu coup, les réservoirs d’hydrogène sont quatre fois plus gros que les réservoirs actuels.

Crédit photo : Airbus

Partager sur facebook
Facebook
Partager sur twitter
Twitter
Partager sur linkedin
LinkedIn

ARTICLES RECENTS

Pause de Pâques

Je fais une petite pause pour les vacances de Pâques. Rendez-vous la semaine prochaine pour une nouvelle publication. Photo :

CONTINUER »