Bras de fer en vue entre Bridgestone et le gouvernement français

La réaction ne s’est pas fait attendre… Après l’annonce mercredi par Bridgestone de son projet de fermer son usine française, Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, a parlé hier d’une « décision révoltante, avec une méthode révoltante et des conséquences révoltantes ». La veille, Xavier Bertrand, président de la région Hauts de France et ancien ministre, avait déjà exprimé son désaccord total avec le fabricant japonais de pneumatiques.

Selon les termes du communiqué de presse de Bridgestone, la société « envisage » l’arrêt total et définitif de la production sur le site de Béthune qui emploie aujourd’hui 863 personnes et se spécialise dans les pneus étroits et peu chers. Il semble cependant que la décision soit déjà prise et la mise en place prévue pour le deuxième trimestre 2021.

Plus que par la crise du coronavirus, le groupe nippon explique cette décision par la concurrence de marques asiatiques à bas prix. Selon la société, la part de marché de ces concurrents serait passée de 6% en 2000 à 25% en 2018. Autre raison mise en avant par Bridgestone pour justifier sa décision : la productivité insuffisante de l’usine de Béthune, qui serait même la moins performante des usines du groupe en Europe.

Bridgestone s’engage par ailleurs à mettre en place un plan de reclassement pour chaque employé, avec notamment des départs en pré-retraite, des reclassements dans sa filiale commerciale ou dans d’autres sociétés. De son côté, le gouvernement français annonce qu’il va se battre pour développer une activité de production de pneus plus larges, et donc à plus forte valeur ajoutée, sur le site de Béthune.

Ça n’est sans doute que le début d’un long bras de fer entre les deux parties.

Lexique : un plan de reclassement

Le groupe s’engage par ailleurs à mettre en place un plan de reclassement pour chaque employé (…).

Un plan de reclassement (ou plan d’accompagnement) est l’ensemble des actions mises en place par une société pour aider ses employés dans le cadre d’un licenciement économique. Ces mesures ont pour but de permettre à l’employé licencié de retrouver un travail le plus rapidement possible.

Pour une entreprise de plus de 1000 salariés qui envisage des licenciements économiques, il est par exemple obligatoire de proposer aux salariés concernés un congé de reclassement. Pendant cette période de congé, les salariés seront aidés dans la recherche d’un nouveau travail. Ils pourront par exemple bénéficier de certaines formations, tout en continuant à recevoir leur salaire. 

Grammaire : le conditionnel pour donner des informations incertaines

Selon la société, la part de marché de ces concurrents serait passée de 6% en 2000 à 25% en 2018. 

Quand on reprend les propos d’une autre personne sans être certain qu’ils soient justes ou faux, on utilise le conditionnel. Ce conditionnel est très souvent utilisé en journalisme quand une information n’a pas pu être vérifiée. 

Ici, n’ayant pas pu vérifier personnellement les chiffres de Bridgestone sur les parts de marché des concurrents, j’ai donc utilisé le conditionnel. Le fait d’ajouter « Selon la société »  en début de phrase renforce encore le fait que cette affirmation n’est pas la mienne.  J’aurais aussi pu écrire « D’après la société… »

Formation du conditionnel :

Pour former le conditionnel, on utilise la base du verbe au futur + les terminaisons de l’imparfait (ais, ais, ait, ions, iez, aient).  

Ici avec le verbe être : la part de marché serait passée de 6% en 2000 à 25% en 2018. 

Infinitif : être -> Radical du futur : ser (je serai, tu seras, il/elle sera, nous serons, vous serez, ils/elles seront) -> Terminaisons de l’imparfait (je serais, tu serais, il/elle serait, nous serions, vous seriez, ils/elles seraient)

Crédit photo : groupe Bridgestone. L’entrée d’une usine aux États-Unis

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