Bridgestone rejette le plan de sauvetage du gouvernement

Le fabricant de pneumatiques japonais a confirmé la semaine dernière la fermeture définitive de son usine de Béthune, dans les Hauts-de-France. Initialement annoncée en septembre, la mesure avait entraîné de vives protestations de responsables politiques français, jusqu’au ministre de l’Économie Bruno Le Maire qui avait qualifié la décision du groupe de « révoltante ».

En collaboration avec les salariés et le président de la région Hauts-de-France, le gouvernement français avait proposé il y a trois semaines à Bridgestone un plan de sauvetage de l’usine. Ce plan qui nécessitait un investissement de 100 millions d’euros, dont le gouvernement était prêt à financer une partie, a donc été finalement rejeté par le fabricant japonais.

Laurent Dartoux, directeur général de Bridgestone Europe, a en effet déclaré jeudi dernier que ce projet n’était pas économiquement viable. Si le plan avait été mis en place, les améliorations n’auraient malheureusement pas suffi et l’usine aurait continué à produire à perte.

Interrogé par Les Échos, Dartoux a par ailleurs annoncé que la société était en train d’étudier quatre dossiers de reprise du site industriel de Béthune, dont deux par des concurrents de Bridgestone. Concernant les 500 salariés actuels, la société continue à travailler à leur reclassement et aurait déjà proposé une centaine de postes dans ses autres activités en France.

Le même jour au Japon, le groupe a annoncé qu’il basculerait dans le rouge cette année, une première depuis 1951. Bridgestone prévoit en effet une perte nette de 60 milliards de yen sur l’exercice fiscal 2020, après un bénéfice net de 240 milliards de yen l’an dernier. Le groupe a notamment prévu des dépenses à hauteur de 26 milliards de yen cette année pour la réorganisation de ses sites de production. 

Lexique : produire à perte

« Si le plan avait été mis en place, les améliorations n’auraient malheureusement pas suffi et l’usine aurait continué à produire à perte« .

Faire une activité « à perte » signifie qu’on fait cette activité en perdant de l’argent. Dans le cas de cet article, cela veut dire que Bridgestone perd de l’argent à chaque fois que l’usine de Béthune produit un pneu. 

On utilise aussi cette expression quand on parle de vente à perte, par exemple dans le cas d’un commerce qui va revendre un produit plus cher qu’il ne l’a acheté. L’opération n’est évidemment pas intéressante à long terme mais être ponctuellement utile dans une opération de liquidation des stocks par exemple. 

Grammaire : si + plus-que-parfait + conditionnel passé (faire une hypothèse sur le passé)

« Si le plan avait été mis en place, les améliorations n’auraient malheureusement pas suffi et l’usine aurait continué à produire à perte ».

La construction « si + plus-que-parfait + conditionnel passé » permet de faire une hypothèse sur le passé, c’est-à-dire d’imaginer un événement qui n’a pas eu lieu (ici, la mise en place du plan du gouvernement) et d’exprimer ses conséquences (ici, les améliorations n’auraient pas suffi et l’usine aurait continué à produire à perte).

Les temps utilisés sont :
1. le plus–que-parfait (avait été mis en place) pour imaginer l’événement qui n’a pas eu lieu 
2. le conditionnel passé (n’auraient pas suffi et aurait continué) pour imaginer la conséquence de cet événement et, dans ce cas précis, pour exprimer un regret. Le conditionnel passé est en effet le temps utilisé pour exprimer les regrets. Par exemple :
« Nous aurions préféré maintenir l’activité de l’usine ».

Construction du plus-que-parfait :
Auxiliaires être ou avoir à l’imparfait + participe passé du verbe principal. 

Construction du conditionnel passé :
Auxiliaires être ou avoir au conditionnel présent + participe passé du verbe principal. 

 

Crédit photo : Bridgestone (siège Europe)

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