Carrefour accélère dans le bio en rachetant Bio c Bon

Selon l’Agence Bio, agence nationale pour le développement et la promotion de l’agriculture biologique, le marché français de l’alimentation « bio » a presque doublé en quelques années, passant de 6,4 milliards d’euros en 2015 à 11,9 milliards d’euros en 2019. Avec une part de marché de 55%, la grande distribution domine maintenant ce marché qui fut longtemps réservé aux chaînes de magasins « bios » spécialisés.

Le groupe Carrefour qui réalise déjà un chiffre d’affaires « bio » de plus de 2 milliards d’euros renforce sa position sur ce marché en rachetant l’enseigne de distribution spécialisée Bio c Bon pour 60 millions d’euros. Le géant de la grande distribution a annoncé cette semaine qu’il reprenait 107 magasins Bio c Bon sur un peu plus de 120, ainsi que les mille salariés de l’entreprise.

Fondé en 2008, Bio c Bon a connu une croissance rapide pour devenir un des leaders de la distribution spécialisée « bio ».  La société était néanmoins à deux doigts de la faillite avec des pertes annuelles estimées à 20 millions d’euros pour un chiffre d’affaires de 130 millions d’euros. Selon les experts du marché, Carrefour investit dans Bio c Bon surtout parce que les magasins sont idéalement situés, au cœur des grandes villes et en particulier à Paris.

L’enseigne Bio c Bon est présente au Japon depuis 2016, sous la forme d’une joint-venture entre sa maison mère et le groupe Aeon. Le géant japonais de la distribution est d’ailleurs lui-même actionnaire de Bio c Bon à hauteur de 20% depuis 2018. Selon Pascal Gerbert-Gaillard, directeur général de Bio c Bon Japon, le rachat par Carrefour de Bio c Bon en France n’aura pas d’impact direct pour la filiale japonaise qui poursuit son développement avec l’ouverture d’un 21ème magasin cette semaine.

Le marché du bio au Japon est encore très largement sous développé par rapport à la France. En 2017, l’agence américaine Global Organic Trade estimait le marché français à 4,2 milliards de dollars et le marché japonais à 591 millions de dollars, soit environ sept fois moins.

(Pour ceux et celles que ça intéresse, vous trouverez ICI un podcast récent de la Chambre de Commerce Française au Japon avec une interview du directeur général de Bio c Bon Japon)

Lexique 1 : la grande distribution

« Avec une part de marché de 55%, la grande distribution domine maintenant ce marché qui fut longtemps réservé aux chaînes de magasins « bios » spécialisés ».

Quand on parle de la grande distribution en France, on parle d’abord des grandes chaînes de supermarchés et d’hypermarchés comme Carrefour, Leclerc, Auchan ou Hyper U par exemple. 

Parmi les caractéristiques principales de la grande distribution, on peut noter :

  • des grandes surfaces de vente
  • une offre de produits très large (alimentation, vêtements, électroménager, etc.)
  • un nombre important de points de vente
  • des produits en libre-service (le client se sert lui même dans les rayons)

Certains enseignes qui se spécialisent sur un type de produits mais qui partagent les autres caractéristiques de cette liste sont aussi considérées comme de la grande distribution. Par exemple, la Fnac Darty (produits culturels et électroménagers) ou Leroy-Merlin (bricolage). On parle alors de grande distribution spécialisée

À l’opposé de la grande distribution, on trouve le petit commerce. On parle aussi de magasins de proximité, car les magasins sont en général proches du domicile et accessibles à pied. 

Lexique 2 : être à deux doigts de

« La société était néanmoins à deux doigts de la faillite avec des pertes annuelles estimées à 20 millions d’euros pour un chiffre d’affaires de 130 millions d’euros ».

Quand on est « à deux doigts de » quelque chose, c’est qu’on en est très très proche. En effet, la distance que représente deux doigts est très petite. On utilise cette expression suivie d’un nom comme dans la phrase d’exemple ou suivie d’un verbe à l’infinitif. Par exemple : 
« La société était néanmoins à deux doigts de faire faillite avec des pertes annuelles estimées à 20 millions d’euros pour un chiffre d’affaires de 130 millions d’euros ».

Il y beaucoup d’autres façons d’exprimer la même idée. Par exemple : 
« La société était néanmoins au bord de la faillite avec des pertes annuelles estimées à 20 millions d’euros pour un chiffre d’affaires de 130 millions d’euros ».
« La société était néanmoins quasiment en faillite avec des pertes annuelles estimées à 20 millions d’euros pour un chiffre d’affaires de 130 millions d’euros ».

 

Grammaire : surtout parce que (mettre en avant une raison parmi d’autres)

« Selon les experts du marché, Carrefour investit dans Bio c Bon surtout parce que les magasins sont idéalement situés, au cœur des grandes villes et en particulier à Paris ».

En général, l’adverbe est placé directement après le verbe en français. Mais ici, je veux exprimer les deux idées suivantes : 
1. Carrefour a plusieurs raisons pour racheter Bio c Bon
2. parmi ces raisons, la raison principale est la bonne situation des magasins en centre-ville

Si j’écris… : 
« Selon les experts du marché, Carrefour investit surtout dans Bio c Bon parce que les magasins sont idéalement situés, au cœur des grandes villes et en particulier à Paris ».

… l’adverbe « surtout » se rattache au verbe « investir ». On pourrait alors comprendre que Carrefour investit dans d’autres chaînes de magasins bios par exemple et que Bio c Bon est l’investissement principal. 

Mais ce que je veux dire, c’est que la cause principale de l’investissement est la situation des magasins. Dans ce cas, il est plus logique de placer l’adverbe « surtout » devant la conjonction « parce que » qui exprime la cause

En utilisant d’autres adverbes, j’aurais pu exprimer la même idée. Par exemple : 
« Selon les experts du marché, Carrefour investit dans Bio c Bon d’abord parce que les magasins sont idéalement situés, au cœur des grandes villes et en particulier à Paris ».
« Selon les experts du marché, Carrefour investit dans Bio c Bon principalement parce que les magasins sont idéalement situés, au cœur des grandes villes et en particulier à Paris ».

 

Crédit photo : Elle Hughes (Pexels)

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