Décès du créateur japonais Kenzo Takada à Paris

Le couturier et designer japonais Kenzo Takada est mort dimanche dernier dans un hôpital parisien des suites du coronavirus à l’âge de 81 ans. Les hommages se multiplient depuis l’annonce de son décès, en particulier à Paris, sa ville d’adoption. Anne Hidalgo, la maire de le capitale française a ainsi déclaré sur Twitter que la ville « pleurait un de ses fils ».

Après des études au Bunka Fashion College de Tokyo, Kenzo arrive à Marseille en bateau depuis Yokohama en 1965, avant de rejoindre Paris. En 1969, il ouvre sa première boutique « Jungle Jap » dans le 1er arrondissement de la capitale. Ses créations colorées et multiculturelles deviennent rapidement très populaires auprès des jeunes Parisiens.

Dans les années 70, les ouvertures de boutiques Kenzo se succèdent en France. La marque accélère encore sa croissance dans la décennie suivante en se développant à l’international et en lançant de nouveaux produits, parfums et cosmétiques notamment. 

En 1993, Kenzo Takada cède sa société au groupe LVMH mais reste en charge de la création jusqu’en 1999. Devenu une véritable star de la mode française et internationale, il se retire lors d’un défilé spectaculaire au Zénith de Paris devant 4 000 personnes. La marque Kenzo compte aujourd’hui 122 boutiques dans le monde et emploie plus de 500 personnes.

Après sa retraite du monde de la mode, Kenzo Takada s’était intéressé à d’autres aspects de la création, en particulier le design. Connu pour son éternel sourire, il venait de lancer en début d’année K3, une marque de mobilier et design d’intérieur, en collaboration avec d’autres créateurs.

NB : Le Nikkei Asian Review propose une série de 30 articles sur la vie de Kenzo Takada, racontée par lui-même. C’est ICI (en anglais, et pour les abonnés du journal).

Lexique : ville d’adoption

« Les hommages se multiplient depuis l’annonce de son décès, en particulier à Paris, sa ville d’adoption ».

Le mot « adoption » vient du verbe « adopter« , mot d’origine latine (adoptare). Dans « adopter », il y a « opter » qui est une autre façon de dire « choisir« . « Adopter », c’est donc « choisir » mais pas seulement. Il y a souvent une dimension plus forte que simplement « choisir ». « Adopter », c’est véritablement faire sien, intégrer profondément en soi. « Adopter », c’est faire un choix fort et souvent intime. 

L’utilisation la plus fréquente est l’adoption d’un enfant. Quand on adopte un enfant, on accepte et on prend légalement comme fils ou fille l’enfant naturel d’une autre personne. Par exemple :
« Nous avons décidé d’adopter un enfant ». 

En politique, on parle également d’adopter des idées ou d’adopter une loi. 

Pour Kenzo Takada, Paris est sa ville d’adoption parce que c’est là qu’il a décidé de faire sa vie. En 1989, il déclarait  ainsi au magazine Paris-Match : « Je me sens désormais plus Parisien que Japonais », en ajoutant quand même « mais si c’était à refaire aujourd’hui, je ne suis pas sûr que je viendrais encore faire ma vie à Paris « 

 

Grammaire : le présent historique

« Après des études à la prestigieuse école de mode Bunka Fashion College de Tokyo, Kenzo arrive à Marseille en bateau depuis Yokohama en 1965, avant de rejoindre Paris ».

Il s’agit d’événements passés (1965) mais j’utilise pourtant ici un présent de l’indicatif (arrive) . Il s’agit de ce qu’on appelle le présent historique ou le présent narratifC’est une utilisation très fréquente en journalisme, en particulier pour des courtes biographies, ou dans les récits historiques. 

L’avantage d’utiliser le présent à la place des différents temps du passé (imparfait, passé composé, plus que parfait et passé simple) est d’avoir un style moins lourd, plus dynamique. On peut aussi utiliser les deux temps en alternance dans le même récit. 

Il existe également un futur historique qu’on peut utiliser dans le cadre d’un récit au passé. Dans ce cas, il décrit un événement passé qui suit un autre événement passé. Par exemple, j’ai écrit cette phrase en utilisant deux fois le présent de l’indicatif :
« Dans les années 70, les ouvertures de boutiques Kenzo se succèdent en France. La marque accélèrera encore sa croissance dans la décennie suivante en se développant à l’international et en lançant de nouveaux produits, parfums et cosmétiques notamment ».

J’aurais pu utiliser un futur historique pour le second verbe :
« Dans les années 70, les ouvertures de boutiques Kenzo se succèdent en France. La marque accélèrera encore sa croissance dans la décennie suivante en se développant à l’international et en lançant de nouveaux produits, parfums et cosmétiques notamment ».

L’accélération de la croissance dans les années 80 arrive après les ouvertures de boutiques dans les années 70.

Partager sur facebook
Facebook
Partager sur twitter
Twitter
Partager sur linkedin
LinkedIn

ARTICLES RECENTS

Pause de Pâques

Je fais une petite pause pour les vacances de Pâques. Rendez-vous la semaine prochaine pour une nouvelle publication. Photo :

CONTINUER »