Demon Slayer remplit les cinémas au Japon

Le succès « cinéma » de l’année ne sera probablement pas le film qu’on attendait. 2020 devait être l’année de Mulan, adaptation du célèbre dessin animé en film par les studios Disney, mais c’est le dessin animé « Demon Slayer » du studio Aniplex, une filiale du groupe Sony, qui semble bien parti pour toucher le jackpot.

Le film bat déjà des records au Japon, seul pays où il est actuellement diffusé, avec presque 3,5 millions de spectateurs lors de son premier weekend d’exploitation. À l’affiche dans plus de 400 salles, Demon Slayer a généré 4,6 milliards de yen de recettes en trois jours, soit près de 37 millions d’euros. C’est 12 millions d’euros de plus que le précédent record détenu par « La Reine des Neiges 2 ».

Au-delà de ses qualités propres, le dessin animé bénéficie de l’absence presque totale de films américains sur les écrans et du fait que le Japon soit relativement peu touché par l’épidémie de coronavirus. Au moment même où Demon Slayer remplissait les salles au Japon, le gouvernement français annonçait une subvention supplémentaire de 30 millions d’euros pour les cinémas.

Le groupe Sony a décidé de faire des « anime » un axe stratégique de développement, en investissant non seulement sur les films mais aussi sur les jeux vidéo et les musiques associées. La diffusion est également une part importante du projet. Le groupe possède sa propre plateforme de streaming,  Animax, et des participations dans d’autres plateformes à l’international. En France, Aniplex avait pris le contrôle du français Wakanim en 2015.

Selon des données de l’association japonaise des producteurs de dessins animés, l’international a représenté en 2018 presque la moitié des 2 200 milliards de yen de chiffre d’affaires du secteur. La sortie du film Demon Slayer dans les cinémas à l’étranger se fera progressivement dans les prochains mois, probablement en fonction de l’évolution de l’épidémie de coronavirus.  Aucune date de sortie précise n’a encore été annoncée pour la France.

Lexique : son premier weekend d’exploitation

« Le film bat déjà des records au Japon, seul pays où il est actuellement diffusé, avec presque 3,5 millions de spectateurs lors de son premier weekend d’exploitation ».

Le verbe « exploiter«  » signifie « tirer de la valeur de quelque chose » (un terrain, une ferme, un produit, etc). Le mot « exploitation » signifie donc la mise en valeur de quelque chose, d’une production (ici, un film). Après le temps de la production vient le temps de l’exploitation. 

Dans cette phrase de l’article, le « premier weekend d’exploitation » signifie donc le premier weekend où le public pouvait « consommer » le film, c’est à dire acheter des tickets pour le voir dans les salles de cinéma. Cette expression « weekend d’exploitation » ou « semaine d’exploitation » est très souvent utilisée quand on parle de cinéma. 

Dans le domaine comptable,  » le compte d’exploitation » (ou compte de résultat) présente les chiffres de vente et les dépenses d’une entreprise. Il détermine si l’entreprise fait des bénéfices ou des pertes. 

L’exploitation désigne aussi le lieu où se fait la production, comme par exemple une exploitation agricole (ferme) ou une exploitation minière (mine).  

Attention : le verbe « exploiter » et le mot « exploitation » ont aussi un sens négatif. Dans ce cas, ils désignent le fait d’abuser de quelqu’un pour son profit personnel. Par exemple :
« Dans le passé, les producteurs de coton exploitaient les esclaves ». 

 

Grammaire : au moment (même) où

« Au moment même où Demon Slayer remplissait les salles au Japon, le gouvernement français annonçait une subvention supplémentaire de 30 millions d’euros pour ses cinémas ».

« Au moment où » est une conjonction de temps qui permet d’exprimer la simultanéité de deux actions, c’est à dire deux actions qui ont lieu en même temps. Dans le cadre de l’article, les deux actions simultanées sont 1. Demon Slayer remplit les sales au Japon 2. le gouvernement français annonce une subvention supplémentaire de 30 millions d’euros pour ses cinémas.

J’aurais pu simplement écrire… :
« Au moment où Demon Slayer remplissait les salles au Japon, le gouvernement français annonçait une subvention supplémentaire de 30 millions d’euros pour ses cinémas ». 

… mais j’ai écrit « au moment même « .  L’adjectif « même » permet d’insister encore plus sur la simultanéité des deux actions et ainsi de souligner l’opposition entre une situation positive et une situation négative

Pour exprimer la simultanéité des deux actions, j’aurais aussi pu utiliser « pendant que » :
« Pendant que Demon Slayer remplissait les salles au Japon, le gouvernement français annonçait une subvention supplémentaire de 30 millions d’euros pour ses cinémas ».

Pour insister sur l’opposition entre les deux situations, et exprimer aussi la simultanéité, j’aurais pu utiliser « tandis que« :
« Tandis que Demon Slayer remplissait les salles au Japon, le gouvernement français annonçait une subvention supplémentaire de 30 millions d’euros pour ses cinémas ». 

 

Photo : affiche du film (détail).

Partager sur facebook
Facebook
Partager sur twitter
Twitter
Partager sur linkedin
LinkedIn

ARTICLES RECENTS

Pause de Pâques

Je fais une petite pause pour les vacances de Pâques. Rendez-vous la semaine prochaine pour une nouvelle publication. Photo :

CONTINUER »