Ducasse va multiplier ses boutiques

Alain Ducasse, célèbre chef étoilé et chef d’entreprise, vient de faire rentrer le fonds d’investissement Mirabaud Patrimoine Vivant à son capital dans l’objectif d’augmenter son activité « boutiques ». Les deux partenaires veulent multiplier par trois en cinq ans le nombre de boutiques La Manufacture du Chocolat et La Manufacture du Café.

Alain Ducasse a lancé La Manufacture du Chocolat à Paris en 2013, puis La Manufacture du Café en 2018. Les deux enseignes comptent respectivement seize et trois boutiques aujourd’hui. L’ambition de Ducasse Paris et Mirabaud est de développer le réseau de points de vente à l’international.

Ducasse est déjà bien implanté au Japon, avec cinq restaurants, dont un face au palais impérial, et six boutiques La Manufacture du Chocolat. Après la France et ses neuf points de vente, le Japon est le pays où l’activité « chocolat » du groupe est la plus développée. Il n’y a pour l’instant pas de Manufacture du Café au Japon.

La somme investie par Mirabaud n’a pas été révélée mais, selon les Échos, le fonds a l’habitude de faire des investissements de l’ordre de 15 millions d’euros.  Il devient un actionnaire de référence de Ducasse Paris, mais Alain Ducasse reste l’actionnaire majoritaire du groupe. L’ensemble des activités de Ducasse Paris, dont la restauration reste la branche principale, représente un chiffre d’affaires de l’ordre de 120 millions d’euros et plus de 1 300 salariés dans le monde.

Mirabaud Patrimoine Vivant est un fonds d’investissement dirigé par Renaud Dutreil, un ancien ministre de Jacques Chirac. La société a récemment investi dans des marques françaises comme Le Coq Sportif (sportswear), Mauboussin (bijouterie) ou Clergerie (chaussures), avec à chaque fois l’international comme axe de développement.

Lexique 1 : un chef étoilé

« Alain Ducasse, célèbre chef étoilé et chef d’entreprise, vient de faire rentrer le fonds d’investissement Mirabaud Patrimoine Vivant à son capital dans l’objectif d’augmenter son activité « boutiques ».

Quand on parle d’un chef étoilé, on parle d’un cuisinier dont le restaurant a au moins une étoile au guide Michelin. Le guide Michelin est une référence de la gastronomie française. Il parait chaque année et note la qualité des restaurants. Un restaurant qui reçoit une étoile Michelin est déjà un très bon restaurant mais les notes peuvent monter jusqu’à trois étoiles pour les tables exceptionnelles. 

On utilise ainsi parfois l’expression un chef multi-étoilé, c’est à dire un chef dont le ou les restaurants ont plus d’une étoile au guide Michelin. Alain Ducasse, par exemple, cumule une vingtaine d’étoiles Michelin sur ses différents restaurants. 

Lexique 2 : un actionnaire de référence

« Mirabaud devient un actionnaire de référence de Ducasse Paris, mais Alain Ducasse reste l’actionnaire majoritaire du groupe ».

Un actionnaire est une personne qui possède une ou des actions (aussi appelées parts) d’une société. 

Le mot « référence » provient du verbe « se référer« , qui signifie prendre conseil auprès de quelqu’un ou de quelque chose (une organisation, une loi, un texte, etc.) qui a une compétence ou une autorité sur un point précis. 

Par exemple : 
« Je ne peux pas prendre cette décision seul, je dois d’abord en référer à mon directeur ». 
« Quand j’ai un doute sur l’orthographe d’un mot, je me réfère toujours au dictionnaire ».

Un actionnaire de référence dans une société est dont un actionnaire que la direction de la société va consulter pour des décisions stratégiques. En général, cet actionnaire possède une part relativement importante des actions de la société (20, 30, 40%) mais pas la majorité. 

L’actionnaire majoritaire est l’actionnaire qui possède plus de 50% des actions dans la société (ici Alain Ducasse lui-même). 

On entend aussi souvent parler de petits actionnaires (ou petits porteurs). Ce sont en général des personnes privées qui ont une part très faible des actions dans la société. En général, ils n’ont pas beaucoup d’influence sur les décisions stratégiques. 

Grammaire : venir de + infinitif (passé récent)

« Alain Ducasse, célèbre chef étoilé et chef d’entreprise, vient de faire rentrer le fonds d’investissement Mirabaud Patrimoine Vivant à son capital dans l’objectif d’augmenter son activité « boutiques ».

La construction « venir de + infinitif » permet d’exprimer un passé récent. L’utilisation la plus fréquente est pour exprimer un passé véritablement immédiat. 

Par exemple : 
« Je viens d’arriver à la maison » (dans ce cas, c’est une action qui date de quelques minutes seulement). 

Mais on peut donc aussi utiliser cette expression sur des temps un peu plus longs comme dans l’article. Dans ce cas, la décision de faire rentrer Mirabaud au capital date d’il y a quelques jours. 

Mais attention : on ne peut pas utiliser la construction « venir de + infinitif » si on a dans la même phrase des compléments de temps comme « hier », « la semaine passée », « l »année dernière », etc. 

On peut renforcer l’idée de passé très récent en ajoutant les complément de temps « juste » ou pour un événement encore plus récent « tout juste« . Par exemple :
« Ducasse vient (tout) juste d’ouvrir une nouvelle boutique à Tokyo ». 

On peut également utiliser la construction « venir de + infinitif » pour exprimer un passé récent dans un passé plus lointain. Dans ce cas, on conjugue « venir » à l’imparfait. 

Par exemple :
La société venait d’ouvrir une filiale au Japon quand elle a été rachetée par un fonds d’investissement. 

Beaucoup plus rare mais également possible, l’utilisation de cette construction au futur. Par exemple : 
Revoyons-nous dans un mois, je viendrai de finir le lancement de mon projet.

Crédit photo : extrait communiqué de presse La Maison du Chocolat (2015)

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