Malgré une excellente récolte, 2020 sera une année noire pour les vins de Champagne

La cuvée 2020 s’annonce « splendide », selon un communiqué du Comité Interprofessionnel du Vin de Champagne paru le mois dernier. Les vendanges ont été précoces cette année et les conditions météorologiques idéales depuis le mois de février devraient donc contribuer à produire de magnifiques vins de Champagne cette année.

C’est une nouvelle particulièrement bienvenue pour une industrie très sévèrement touchée par la crise du coronavirus. En effet, la filière des vins de Champagne anticipe pour 2020 une baisse d’environ un tiers de son chiffre d’affaires. Les ventes en valeur de champagne devraient ainsi passer de 5,05 milliards d’euros en 2019 à 3,35 milliards d’euros cette année. En volume, les producteurs prévoient des ventes de l’ordre de 200 millions de bouteilles, soit 100 millions de moins que l’an dernier.

Afin de maintenir un prix de vente élevé en évitant les risques de surproduction , les entreprises du secteur avaient d’ailleurs décidé de limiter la récolte de raisins à 8 000 kilos par hectare cette année, contre 12 000 kilos normalement.

Selon les chiffres de l’an dernier, une bouteille de champagne sur deux est vendue à l’international. Le Japon est le troisième plus gros importateur de champagne avec 14,3 millions de bouteilles par an pour un chiffre d’affaires de 355 millions d’euros. Le champagne a progressé rapidement au Japon ces dernières années puisque le pays avait importé seulement 10,9 millions de bouteilles en 2016.  C’est aussi le second marché au monde pour les cuvées de prestige, c’est-à-dire les champagnes les plus chers.

Lexique : en volume, en valeur

« Les ventes en valeur de champagne devraient ainsi passer de 5,05 milliards d’euros en 2019 à 3,35 milliards d’euros cette année. En volume, les producteurs prévoient des ventes de l’ordre de 200 millions de bouteilles, soit 100 millions de moins que l’an dernier ».

Quand on donne des chiffres de vente, mais aussi d’importations, d’exportations ou autres données économiques, on a deux possibilités : donner la valeur ou donner le volume

Quand on parle de volume, on parle du nombre de produits, ou d’unités. Ici, 200 millions de bouteilles. La façon d’exprimer les volumes sera différente selon l’industrie dont on parle. Dans la chaussure, on regardera le nombre de paires par exemple. Dans d’autres secteurs, on pourra compter en kilos, en litres, etc.

Quand on parle de valeur, on parle de valeur monétaire. Ainsi la valeur totale d’un marché sera égale au nombre de produits vendus multipliés par leur prix à l’unité. 200 millions de bouteilles de champagne à 20 euros en moyenne = des ventes en valeur de 4 milliards d’euros. 

 

Grammaire : contribuer à  + infinitif  (cause)

« (…) les conditions météorologiques idéales depuis le mois de février devraient donc contribuer à produire de magnifiques vins de Champagne cette année ».

La formulation « contribuer à + infinitif » permet d’exprimer une cause parmi d’autres causes non exprimées. Une contribution exprime la part fournie par un élément parmi d’autres éléments dans la production d’un résultat commun. 

Si j’écris cette même phrase sans le verbe « contribuer », le sens sera différent : 
« ‘(…) les conditions météorologiques idéales depuis le mois de février devraient donc produire de magnifiques vins de Champagne cette année ». Dans ce cas, « les conditions météorologiques idéales » sont présentées comme la seule cause du résultat (« les magnifiques vins de Champagne »). 

Mais j’ai écrit « (…) les conditions météorologiques idéales depuis le mois de février devraient donc contribuer à produire de magnifiques vins de Champagne cette année » parce que les conditions météorologiques sont une des causes à l’origine des vins magnifiques, et donc pas la cause unique. Le savoir-faire des producteurs de champagne, entre autres, sera également important dans la production de vins magnifiques. 

On peut également utiliser la structure « contribuer à + nom ». Dans ce cas, la phrase devient :
« (…) les conditions météorologiques idéales depuis le mois de février devraient donc contribuer à la production de magnifiques vins de Champagne cette année ».

 

Crédit photo : Cecilia Tommasini (Pexels)

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