Le Japon au secours de l’ananas taiwanais

La réaction de Tsai Ing-wen ne s’est pas fait attendre bien longtemps. Seulement deux jours après l’interdiction de l’importation d’ananas taiwanais par la Chine le 1er mars, au prétexte de la présence d’insectes sur les fruits mais plus sûrement pour des raisons diplomatiques, la présidente de la république de Taiwan animait à Taipei un événement de promotion de l’ananas, et le gouvernement lançait l’opération #FreedomPineapple sur les réseaux sociaux.

En quelques jours seulement, les consommateurs taiwanais avaient commandé plus de 40 000 tonnes d’ananas soit environ la quantité annuelle importée par le géant chinois, qui absorbe à lui seul près de 90 % des exportations de ce fruit.

Mais le soutien à l’ananas de Taiwan, devenu en quelques jours un symbole et un enjeu diplomatique, ne s’est pas arrêté aux frontières nationales puisque d’autres pays, dont le Japon, ont également augmenté leur consommation. Ainsi, selon les informations du Japan Times, le pays a passé il y a quelques jours une commande record de 10 000 tonnes d’ananas taiwanais, soit pratiquement l’équivalent de ses importations annuelles.

Selon un responsable de l’association taiwanaise des exportateurs de fruits cité par le journal tokyoïte, les ananas en provenance de Taiwan représentent environ 15 % des importations japonaises aujourd’hui mais, si cette proportion montait jusqu’à 20 %, cela compenserait totalement la perte des importations chinoises.

Cet objectif ne semble pas irréaliste car, malgré l’ombre du géant chinois, une majorité de Japonais se sentent proches de Taiwan, en particulier depuis le tsunami de 2011. En effet, Taiwan et ses 23 millions d’habitants seulement avaient versé plus de 20 milliards de yen en soutien au Japon à la suite de la catastrophe. 

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Lexique : au prétexte de…

« Seulement deux jours après l’interdiction de l’importation d’ananas taiwanais par la Chine le 1er mars, au prétexte de la présence d’insectes sur les fruits mais plus sûrement pour des raisons diplomatiques, la présidente de la république de Taiwan animait à Taipei un événement de promotion de l’ananas, et le gouvernement lançait l’opération #FreedomPineapple sur les réseaux sociaux ».

Le mot « prétexte » signifie une raison donnée par quelqu’un pour expliquer son action. Mais le prétexte n’est pas la véritable raison pour cette action. Au contraire, le prétexte sert à cacher la vraie raison de cette action. 

Dans le cas de notre phrase d’exemple : 
– le prétexte de la Chine pour l’interdiction des ananas taiwanais est la présence d’insectes sur les fruits
– la véritable raison de la Chine pour l’interdiction des ananas est une raison diplomatique (= faire pression sur la république taiwanaise)

On peut remplacer « au prétexte de » par « sous le prétexte de« . On peut aussi utiliser les deux expressions sans préciser la raison réelle. Ainsi :
« Seulement deux jours après l’interdiction de l’importation d’ananas taiwanais par la Chine le 1er mars, sous le prétexte de la présence d’insectes sur les fruits, la présidente de la république de Taiwan animait à Taipei un événement de promotion de l’ananas, et le gouvernement lançait l’opération #FreedomPineapple sur les réseaux sociaux ». 

 

Grammaire : faire au participe passé + infinitif

« La réaction de Tsai Ing-wen ne s’est pas fait attendre bien longtemps ».

Beaucoup de personnes, y compris des Français, font la faute d’accorder le participe passé dans ce type de phrase. Mais « La réaction de Tsai Ing-Wen ne s’est pas faite attendre bien longtemps » n’est pas correcte. Cette erreur vient notamment du fait qu’on a l’habitude d’accorder le participe passé des verbes conjugués avec l’auxiliaire « être », ainsi qu’avec les verbes pronominaux dans la plupart des cas. 

Ici la règle est simple (pour une fois !) : le participe passé du verbe faire est toujours invariable quand il est suivi d’un autre verbe à l’infinitif

La règle est la même avec le participe passé du verbe « laisser » :
« La présidente de la république taiwanaise ne s’est pas laissé impressionner par les sanctions chinoises ». 

 

Photo : Brooke Lark (Unsplash)

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