Le taux de chômage japonais au plus haut depuis 3 ans

Selon les statistiques officielles publiées cette semaine, le taux de chômage au Japon a atteint 3,1% au mois d’octobre, soit 0,1% de plus qu’au mois de décembre. C’est également le taux le plus élevé depuis 2017, mais il reste toutefois largement inférieur aux taux observés en Europe (7,5% en moyenne) et plus particulièrement en France (9%).

Sur le marché de l’emploi japonais, l’offre reste cependant toujours supérieure à la demande, mais de très peu. Pour le mois d’octobre, il y avait en effet 1,04 offre d’emploi disponible pour chaque demandeur d’emploi, marquant une très légère amélioration par rapport au ratio de 1,03 observé en septembre et c’est aussi la première augmentation depuis un an et demi.

Si l’activité industrielle reste dynamique, c’est le secteur du tourisme (transports, hôtellerie, restauration…) qui est le plus durement touché par la crise du coronavirus. Heureusement, le tourisme domestique, stimulé par la campagne gouvernementale Go To, a partiellement compensé l’arrêt brutal de l’arrivée des touristes étrangers. Mais ce programme est maintenant menacé par la nouvelle vague de l’épidémie. 

L’essentiel des licenciements observés ces derniers mois a concerné des emplois temporaires, très nombreux au Japon, pénalisant en particulier les femmes et les jeunes. Mais, ils n’ont jusqu’à présent que très peu touché les emplois permanents, équivalents aux Contrats à Durée Indéterminée français.

Certaines grosses sociétés qui voient leur activité s’effondrer ont trouvé des solutions astucieuses pour ne pas licencier leur personnel, en le proposant à d’autres sociétés dans d’autres secteurs d’activité. Ainsi, Nikkei Asia cite l’exemple du distributeur de produits électroniques Nojima qui va reprendre les contrats de 300 employés de Japan Airlines. 

Lexique  : compenser quelque chose

« Heureusement, le tourisme domestique, stimulé par la campagne gouvernementale Go To, a partiellement compensé l’arrêt brutal de l’arrivée des touristes étrangers. »

« Compenser« , c’est diminuer ou effacer complètement le caractère négatif d’une situation par une action ou une situation positive. Dans le cas de la phrase d’exemple : 
– la situation négative est l’arrêt brutal de l’arrivée des touristes étrangers, et la conséquence de cette situation sur le secteur du tourisme
– la situation positive, c’est la progression du tourisme domestique grâce notamment à la campagne Go To

Dans cette situation, le tourisme domestique compense en partie seulement l’absence de touristes étrangers. La situation reste globalement négative. Imaginons que le tourisme domestique annule totalement l’effet négatif de l’absence de touristes étrangers. Dans ce cas, la phrase devient :
« Heureusement, le tourisme domestique, stimulé par la campagne gouvernementale Go To,
totalement compensé l’arrêt brutal de l’arrivée des touristes étrangers. »

On peut aussi utiliser « compenser » en forme transitive. Dans ce cas, la structure est compenser quelque chose par quelque chose. Par exemple :
« Nous
avons compensé la baisse de nos ventes en France par une hausse de nos exportations ». 

Grammaire : toutefois (la concession)

« C’est également le taux le plus élevé depuis 2017, mais il reste toutefois largement inférieur aux taux observés en Europe (7,5% en moyenne) et plus particulièrement en France (9%) ».

L’adverbe « toutefois » est une des nombreuses façons d’exprimer la concession en français, c’est à dire l’opposition avec une idée qui vient d’être exprimée. 

Dans ce paragraphe, j’exprime deux idées : 1. une idée négative = le chômage japonais est au plus haut depuis 2017. 2. une idée positive = le chômage japonais est largement inférieur au chômage en Europe et en France. 

Il y a donc une opposition entre les deux idées (négative/positive). Quand j’exprime la seconde idée, l’adverbe « toutefois » permet de marquer l’opposition entre les deux. Dans ce cas, il n’est pas absolument nécessaire puisque la conjonction de coordination « mais » exprime déjà une concession. Le fait d’ajouter « toutefois » permet de souligner encore un plus plus le contraste entre l’idée négative et l’idée positive.

J’aurais aussi pu exprimer les deux idées en sens inverse, toujours en utilisant « toutefois ». Par exemple : 
« Le taux de chômage au Japon reste largement inférieur aux taux observés en Europe et en France, mais il atteint toutefois son plus haut niveau depuis 2017″. 

« Toutefois« , ainsi que « néanmoins« , sont deux adverbes de concession qui sont en général utilisés à l’écrit et dans un style plutôt formel. Dans un registre moins formel, on utilisera plutôt « cependant« . 

Crédit photo : Pixabay

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