Le tennis français va devoir se serrer la ceinture

Le tournoi de tennis de Roland-Garros, qui se tient normalement aux mois de mai et juin, vient tout juste de débuter à Paris. La Fédération Française de Tennis, organisatrice de l’événement, avait très vite reprogrammé l’édition 2020 au début de la crise du coronavirus en Europe.

La Fédération espérait même pouvoir organiser une édition quasi-normale du tournoi, avec un nombre de spectateurs réduit à 20 000 par jour soit la moitié de la capacité du stade. Mais la reprise de la crise sanitaire en France a amené le gouvernement à réduire le nombre de spectateurs à seulement 1 000 par jour. 

C’est un très gros coup dur pour la Fédération dont la santé financière dépend très largement du succès de Roland-Garros. En 2019, le tournoi parisien avait réalisé un chiffre d’affaires total de 260 millions d’euros, soit 70% du budget annuel de l’association. Les recettes de billetterie et des événements de relations publiques pendant le tournoi s’étaient élevées à plus de 80 millions d’euros.

La crise du coronavirus arrive au plus mauvais moment pour la Fédération qui avait lancé en 2015 un programme d’investissements de 380 millions d’euros sur six ans pour la rénovation du stade, avec notamment l’inauguration d’un toit amovible cette année. L’association, ses quelque 8 000 clubs et son million de licenciés devront donc probablement se serrer la ceinture en espérant des jours meilleurs.

Les premières mesures d’économie concernent les primes des joueurs à Roland-Garros. Alors qu’elles avaient augmenté régulièrement depuis des années, passant de 17 millions d’euros en 2011 à 42 millions d’euros en 2019, elles seront réduites de plus de 10% cette année.

Lexique : licencié

« L’association, ses quelque 8 000 clubs et son million de licenciés devront donc probablement se serrer la ceinture en espérant des jours meilleurs ».

Le mot « licencié » vient directement du mot « licence », qui signifie l’autorisation de pratiquer un certain type d’activité. Certains métiers nécessitent d’obtenir une licence officielle. Par exemple, une des licences les plus connues en France est la licence IV (quatre) qui donne l’autorisation à des bars, cafés ou restaurants de servir des boissons alcoolisées.

Il n’est bien sûr pas question d’alcool dans cet article puisque nous parlons de sport ! Ici, les « licenciés » sont donc les personnes autorisées à pratiquer le tennis, c’est-à-dire toutes les personnes qui sont officiellement inscrites à un club de tennis et sont donc membres de ce club. 

Attention 1 : ne pas confondre « licenciés » et « pratiquants » d’un sport. Les licenciés sont officiellement inscrits dans un club de la fédération. Les pratiquants sont l’ensemble des personnes qui pratiquent ce sport, c’est-à-dire tous les licenciés + les personnes qui pratiquent sans être membres d’un club.

Attention 2 : il y a le nom « licencié » (personne autorisée à pratiquer une activité) et l’adjectif « licencié » qu’on peut utiliser comme ceci : je suis licencié à la Fédération Française de Tennis (= j’ai une licence de la FFT).

Attention 3 : le mot « licencié » désigne aussi une personne dont l’entreprise a mis fin au contrat de travail. Par exemple :
Il a été licencié par son employeur la semaine dernière. (participe passé à la forme passive)
Les ouvriers licenciés ont manifesté devant le siège social de l’entreprise. (adjectif)

Grammaire : exprimer l’action contrainte

« Mais la reprise de la crise sanitaire en France a amené le gouvernement à réduire le nombre de spectateurs à seulement 1 000 par jour au dernier moment ».

Simplifions cette phrase :
 » La crise sanitaire a amené le gouvernement à réduire le nombre de spectateurs ». 

Cette construction avec le verbe « amener + quelqu’un + à + verbe à l’infinitif » permet d’exprimer une action contrainte ou forcée. Ici, le gouvernement ne veut pas réduire le nombre de spectateurs mais les circonstances extérieures ne lui laissent pas le choix : il faut réduire le nombre de spectateurs. 

Cette formulation est très souvent utilisée en mettant la phrase à la voix passive. Par exemple :
À cause de la crise sanitaire, le gouvernement a été amené à réduire le nombre de spectateurs. 

On peut utiliser d’autres verbes pour exprimer la même idée, comme « forcer », « obliger » ou « contraindre ». Mais, ATTENTION, avec ces trois verbes, on remplace « à » par « de » :

À cause de la crise sanitaire, le gouvernement a été forcé de réduire le nombre de spectateurs / À cause de la crise sanitaire, le gouvernement a été obligé de réduire le nombre de spectateurs / À cause de la crise sanitaire, le gouvernement a été contraint de réduire le nombre de spectateurs.

Expression associée : des circonstances indépendantes de ma volonté
On utilise souvent cette expression à la première personne quand on veut insister sur le fait que l’action est totalement involontaire, et même contraire à sa volonté, sans en donner les raisons précises. 

Par exemple : 
Des circonstances indépendantes de ma volonté m’ont amené à devoir licencier 1 000 employés. (Je ne voulais pas licencier 1 000 personnes mais je n’avais vraiment pas le choix).

Crédit photo : Christophe Guibbaud / FFT

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