Les chiffres de « l’inflation au poids » au Japon

« C’était plus gros avant, non ? ». De nombreux consommateurs japonais se sont un jour posé cette question en achetant leur produit favori. Comme cet utilisateur de Twitter qui a posté sur internet le mois dernier des photos du nouveau mini KitKat, dont le poids venait de baisser de 15% par rapport à la version précédente. Au « pays du KitKat », la nouvelle avait fait le buzz et amené Nestlé à se justifier. Selon la société, cette réduction de la taille du produit ferait suite à la demande de ses clients soucieux de consommer moins de sucre.

Une étude récente publiée par le Japan Center for Economic Research et Nikkei donne des précisions chiffrées sur cette tendance appelée « shrinkflation » en anglais, que l’on pourrait traduire par « inflation par rétrécissement ». Après avoir analysé l’évolution des prix de plus de 100 000 produits alimentaires au Japon depuis 2012, il ressort que les prix à l’unité ont augmenté de seulement 4.1% en huit ans. Cependant, si on intègre dans les calculs la baisse du poids des produits, l’inflation réelle atteint 11%.

En moyenne, la taille des produits a baissé de 6,6% depuis 2012. Parmi ceux dont le poids a le plus baissé, l’étude cite le beurre (-9%) ou le café instantané (-22%). Dans la plupart des cas, la baisse de la taille des produits n’entraîne pas une baisse de prix. C’est même souvent le contraire. Par exemple, le paquet de farine à gâteaux qui a rétréci d’environ 20% depuis 2012 a vu son prix réel augmenter de plus de 40%.

Selon Nikkei Asia, cette évolution s’explique en partie par des données démographiques. En 2002, on comptait 2,6 personnes en moyenne par foyer japonais mais seulement 2,2 personnes en 2019.

Lexique  : faire le buzz 

« Au pays du KitKat, la nouvelle avait fait le buzz et amené Nestlé à se justifier ». 

« Faire le buzz » est une de ces expressions « franglaises » (mélangeant le français et l’anglais), très fréquentes dans le domaine des nouvelles communications, des médias et du marketing.

L’origine de l’expression « faire le buzz » est incertaine mais le sens est clair : quand quelqu’un ou quelque chose « fait le buzz« , c’est que beaucoup de personnes en parlent. Comme les réseaux sociaux sont devenus un moyen de communication important, « faire le buzz » signifie donc aussi que beaucoup de personnes partagent, apprécient ou commentent une information sur internet. 

Dans le cas de Nestlé, le « buzz » sur son nouveau Kit Kat est plutôt un « buzz négatif » ou un « mauvais buzz » mais on emploie aussi l’expression pour décrire un succès de communication. Par exemple : 
« La nouvelle console de jeux PS5 fait le buzz en ce moment ». 

Sans utiliser de « franglais », j’aurais pu écrire la phrase de l’article différemment, par exemple :
« Au pays du KitKat, la nouvelle avait fait du bruit et amené Nestlé à se justifier ». (le mot « bruit » est plutôt négatif mais comme il s’agit d’un buzz négatif pour la marque, on peut l’utiliser ici). 
« Au pays du KitKat, la nouvelle avait fait parler et amené Nestlé à se justifier »

 

Grammaire : passé composé des verbes pronominaux (absence d’accord)

« De nombreux consommateurs japonais se sont un jour posé cette question en achetant leur produit favori ».

C’est un des pièges les plus difficiles de la grammaire française… qui en compte pourtant beaucoup ! Je pense que plus de la moitié des Français font des fautes d’accord avec les verbes pronominaux. 

Alors, faut-il accorder le participe passé des verbes pronominaux au passé composé, oui ou non ? Et bien, ça dépend…

En règle générale, on fait l’accord du participe passé au passé composé avec les verbes pronominaux. Le participe passé s’accorde avec le sujet. Exemple : ils se sont rencontrés, elle s’est réveillée, etc.  

Mais il y a deux situations où on ne fait pas l’accord du participe passé : 

1. Quand le verbe pronominal est basé sur un verbe normalement suivi d’un Complément d’Objet Indirect (COI) :
« Ils se sont téléphoné« . 
Bien que « ils » soit un pronom pluriel, le participe passé « téléphoné » reste au singulier. On ne fait pas l’accord. En effet, dans sa forme normale, le verbe « téléphoner » est suivie d’un COI. On téléphone à quelqu’un.  

2. Quand le verbe pronominal est utilisé avec un Complément d’Objet Direct (COD) placé APRES le verbe :
C’est le cas dans la phrase de l’article :
« De nombreux consommateurs japonais se sont un jour posé cette question en achetant leur produit favori ».
« De nombreux consommateurs » est un pluriel mais le participe passé « posé » reste au singulier. Pourquoi ? Parce que le COD de la phrase (« cette question ») est placé après le verbe pronominal. 

Attention : si le COD est placé AVANT le verbe pronominal, le participe passé s’accorde AVEC LE COD (et non pas avec le sujet) :
« C’est une question que de nombreux consommateurs japonais se sont un jour posée en achetant leur produit favori ».
Le COD est toujours « une question » mais il est placé devant le verbe. Il y a donc accord du participe passé avec le COD. « Une question » est féminin -> « posée ». 

C’est en fait la même règle que l’accord du participe passé du passé des verbes composés avec l’auxiliaire « avoir » : 
« Je lui ai posé une question difficile ». 
« La question que je lui ai posée était difficile ». 

 

Crédit photo : Nestlé

Partager sur facebook
Facebook
Partager sur twitter
Twitter
Partager sur linkedin
LinkedIn

ARTICLES RECENTS

Pause de Pâques

Je fais une petite pause pour les vacances de Pâques. Rendez-vous la semaine prochaine pour une nouvelle publication. Photo :

CONTINUER »