L’Europe à la conquête de l’espace

En fin d’année dernière, les États membres de l’Union européenne avaient décidé d’augmenter de 30% les investissements européens en matière d’exploration de l’espace sur la période 2020-2022. Un an plus tard, les annonces de l’Agence Spatiale Européenne (ESA)  font de l’Europe le partenaire principal des États-Unis dans les grands projets d’exploration de l’espace, en particulier sur la Lune et sur Mars.

L’engagement européen était jusqu’à présent limité et essentiellement consacré à sa participation à l’lSS,  station spatiale internationale en orbite autour de la terre. Les nouveaux projets sont beaucoup plus ambitieux et l’agence européenne a déclaré la semaine dernière qu’elle investirait plus de 2,6 milliards d’euros sur plusieurs années.  Ces projets sont aussi beaucoup plus coûteux car, comme le rappelle un des dirigeants de l’agence cité par Les Échos : « la lune est 1 000 fois plus loin que l’ISS et Mars encore mille fois plus loin que la Lune».

Les industriels européens de l’aérospatiale se frottent les mains. En effet, cet investissement massif va se traduire par d’importants contrats commerciaux et bénéficier ainsi à l’ensemble de la filière. Parmi les grands gagnants de l’opération, on peut citer Airbus et Thales Alenia Space (TAS), une joint-venture entre le français Thales et l’italien Leonardo.

TAS décroche ainsi un contrat de plus de 320 millions d’euros pour la fabrication du module d’habitation de la future station lunaire et Airbus va signer une commande de 490 millions d’euros pour la construction d’une sonde spatiale au service d’un des projets les plus ambitieux : aller chercher des échantillons de sol sur la planète Mars en 2026.

Lexique : se frotter les mains

« Les industriels européens de l’aérospatiale se frottent les mains ».

Dans la culture occidentale, le fait de se frotter les mains l’une contre l’autre est un signe de joie. On se frotte les mains quand on est content, en particulier quand on a fait une bonne affaire. 

On peut utiliser à la place le verbe se réjouir : 
« Les industriels européens de l’aérospatial se réjouissent ».

Attention : ne pas confondre avec l’expression « se laver les mains de quelque chose » qui signifie ne pas (ou ne plus) se soucier d’un problème :
« Ça n’est plus mon problème. Je m’en lave les mains ! »

 

Grammaire : style indirect (passé + futur ->conditionnel)

« Les nouveaux projets sont beaucoup plus ambitieux et l’agence européenne a déclaré la semaine dernière qu’elle investirait plus de 2,6 milliards d’euros sur plusieurs années ».

On utilise le style indirect quand on rapporte les paroles de quelqu’un. On parle aussi de discours rapporté. La phrase la plus classique commence toujours par : « Il dit que… » ou « il a dit que… ».

Quand on rapporte les paroles de quelqu’un, il faut faire attention aux temps des verbes. Il y a essentiellement deux possibilités : on peut rapporter les paroles de quelqu’un au présent dans certaines situations ou on peut rapporter les paroles de quelqu’un au passé (cas le plus fréquent).

Prenons l’exemple de l’article : 
L’agence spatiale déclare: « Nous investirons 2,6 milliards d’euros dans les prochaines années ». 
(Dans sa déclaration, l’agence spatiale utilise le futur simple pour le verbe investir).  

Si je rapporte cette déclaration au présent, je vais dire -> L’agence spatiale dit qu’elle investira 2,6 milliards d’euros dans les prochaines années. 
(Je garde le futur pour le verbe « investir »)

Si je rapporte cette déclaration au passé, comme dans l’article, je vais dire -> L’agence spatiale a dit qu’elle investirait 2,6 milliards d’euros dans les prochaines années. 
(J’ai transformé le futur en conditionnel pour le verbe « investir »)

Quand on rapporte les paroles de quelqu’un au présent, il n’y a pas de changement de temps pour le verbe principal. Quand on rapporte les paroles de quelqu’un au passé, attention, le temps du verbe principal change

Par exemple, le futur simple est transformé en conditionnel, mais ça n’est pas le seul. Voici un tableau avec les cas les plus fréquents de discours rapporté. 

 

Discours direct
Discours indirect au passé
Futur simple : « Nous investirons 2 Mds d’euros »
L’agence a déclaré qu’elle investirait 2 Mds d’euros. (conditionnel)
Futur proche : « Nous allons investir 2 Mds d’euros »
L’agence a dit qu’elle allait investir 2 Mds d’euros. (verbe aller à l’imparfait)
Présent : « Nous investissons 2 Mds d’euros »
L’agence a déclaré qu’elle investissait 2 Mds d’euros. (imparfait)
Passé composé : « Nous avons investi 2 Mds d’euros »
L’agence a déclaré qu’elle avait investi 2 Mds d’euros. (plus que parfait)

Crédit photo : Service Presse Airbus

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