L’Université de Tokyo lève 20 milliards de yen

Les financements publics de l’éducation supérieure ayant tendance à baisser dans de nombreux pays, il est de plus en plus fréquent de voir des universités faire appel à de l’argent privé. Les universités ont besoin de ces financements pour rester compétitives et les investisseurs sont à la fois rassurés par la solidité de ces institutions et attirés par des rendements souvent intéressants.

En Angleterre ou aux États-Unis, des universités prestigieuses comme Harvard, Princeton ou Cambridge ont ainsi lancé ces dernières années des emprunts obligataires à long terme pour se financer. Record en la matière : l’emprunt sur 100 ans de l’université d’Oxford en 2017 lui avait permis de lever 700 millions de livres anglaises (103 milliards de yen). 

Après l’assouplissement des règles de financement par le gouvernement japonais, l’Université de Tokyo vient de lancer une opération similaire, dans le but de développer ses activités de recherche notamment. La prestigieuse institution, aujourd’hui 36ème au classement des meilleures universités dans le monde, a émis avec succès cette semaine pour 20 milliards de yen en obligations. La durée de l’emprunt est de 40 ans et le rendement annuel est fixé à 0,823%, soit un petit peu mieux que les obligations de l’État Japonais.

Selon la presse financière japonaise, l’emprunt aurait attiré une demande six fois supérieure au montant proposé, soit 126 milliards de yen. La liste des investisseurs inclut des sociétés dans de nombreux secteurs d’activité comme Nippon Life Insurances, Nec ou Daikin. Après ce premier succès, il est probable que d’autres universités japonaises lancent également un emprunt.

Lexique : lever des fonds

« Record en la matière : l’emprunt sur 100 ans de l’université d’Oxford en 2017 lui avait permis de lever 750 millions de livres anglaises (103 milliards de yen) ». 

Le verbe « lever » signifie amener un objet de bas en haut, et bien souvent vers soi-même pour le prendre. On lève son verre par exemple. Ou quand on découpe des filets de poisson en cuisine, on dit qu’on lève les filets. 

Ainsi, quand une entreprise récolte de l’argent sur les marchés, on dit qu’elle lève des fonds, ou qu’elle fait une levée de fonds. En général, on utilise cette expression quand une entreprise ou une organisation (ici l’Université de Tokyo) récolte de l’argent auprès de personnes ou de sociétés. On n’utilise pas cette expression quand une entreprise emprunte de l’argent aux banques. On parle alors d’emprunt bancaire

La forme la plus fréquente de levée de fonds est la prise de participation dans le capital de l’entreprise. L’investisseur va financer le développement de l’entreprise en échange d’actions dans cette même entreprise. On peut souvent lire des phrases comme celle-ci par exemple :
« La start-up XXX a levé 50 millions d’euros auprès d’investisseurs privés »

L’émission d’obligations est une autre façon de lever des fonds (voir l’article). C’est un emprunt obligataire, donc un emprunt également mais il n’est pas fait auprès des banques. 

Plus récemment, on a pu observer le développement d’une autre façon de lever des fonds : le financement participatif sur internet, autrement appelé crowdfunding (le mot anglais est fréquemment utilisé en français).

 

Grammaire : à la fois (simultanéité)

« Les universités ont besoin de ces financements pour rester compétitives et les investisseurs sont à la fois rassurés par la solidité de ces institutions et attirés par des rendements souvent intéressants ».

L’expression « à la fois » permet d’exprimer la simultanéité de deux états ou de deux actions

Ces deux états ou ces deux actions ont lieu en même temps. D’ailleurs, j’aurais très bien pu utiliser « en même temps » à la place de « à la fois » dans cette phrase :
« Les universités ont besoin de ces financements pour rester compétitives et les investisseurs sont en même temps rassurés par la solidité de ces institutions et attirés par des rendements souvent intéressants ».

La simultanéité des deux avantages (solidité, rendement) sert aussi à expliquer la cause de l’investissement et souligner le fait qu’il n’y a pas qu’une cause mais deux

Les investisseurs financent les universités parce que :
1. les universités sont des institutions solide
ET
2. le rendement de l’emprunt obligataire est intéressant

Autre façon possible d’exprimer la même idée :
« « Les universités ont besoin de ces financements pour rester compétitives et les investisseurs sont d’une part rassurés par la solidité de ces institutions et d’autre part attirés par des rendements souvent intéressants ».

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