Menacés d’une nouvelle taxe, les assureurs français acceptent de geler leurs tarifs en 2021

Après plusieurs jours sous haute tension, les négociations entre le gouvernement français et les sociétés d’assurance se sont finalement terminées par l’annonce d’un accord lundi dernier. Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, avait menacé les assureurs de leur appliquer une taxe exceptionnelle de 1,2 milliards d’euros s’ils augmentaient leurs tarifs pour les entreprises de secteurs en difficulté du fait de l’épidémie de coronavirus.

La menace avait fait grincer des dents chez les assureurs, mais le PDG de la société AXA, un des leaders du secteur, était allé jusqu’à qualifier la demande du ministre de « chantage ». Cependant, les sociétés d’assurance ont fini par accepter le principe d’un gel partiel de leurs tarifs à l’issue d’une réunion en visioconférence avant-hier.

Concrètement, les prix des contrats d’assurance « multirisque professionnel » n’augmenteront pas l’an prochain pour les sociétés des secteurs de l’hôtellerie, de la restauration, du tourisme, de l’événementiel, du sport et de la culture. Néanmoins, cette mesure ne s’appliquera qu’aux entreprises employant moins de 250 salariés. Autre concession acceptée par les assureurs : les garanties du contrat d’assurance des entreprises concernées seront maintenues au premier trimestre 2021, même en cas de retard de paiement.

Le secteur de la restauration est particulièrement touché par la crise du coronavirus. Obligés de fermer leurs portes au premier confinement puis de nouveau depuis début novembre, les bars et les restaurants ne pourront pas redémarrer leur activité avant fin janvier 2021, au plus tôt.

Lexique : faire grincer des dents

« La menace avait fait grincer des dents chez les assureurs, mais le PDG de la société AXA, un des leaders du secteur, était allé jusqu’à qualifier la demande du ministre de chantage ». 

Le verbe « grincer » signifie produire un petit bruit, en général désagréable, par frottement. On dit par exemple qu’une porte grince quand elle fait du bruit en se fermant ou en s’ouvrant. Donc, littéralement, grincer des dents, c’est faire un petit bruit quand on serre les mâchoires et qu’on frotte les dents du bas contre les dents du haut. 

Ce bruit est associé à un état de forte tension, de stress, de colère mais la colère reste largement contenue, puisque le grincement de dents ne produit qu’un petit bruit. Donc, quand on utilise l’expression « faire grincer des dents », cela signifie qu’on provoque la colère contenue de quelqu’un ou d’un groupe de personnes. Dans le cas de la phrase de l’article, c’est la menace du premier ministre qui provoque la colère des assureurs et les fait grincer des dents. 

L’origine de l’expression « grincer des dents » vient de la Bible où « Il y aura des pleurs et des grincements de dents » pour les personnes qui vont en enfer. 

« Grincer des dents » est une des nombreuses expressions françaises basée sur les dents

Grammaire : aller jusqu’à + infinitif

« La menace avait fait grincer des dents chez les assureurs, mais le PDG de la société AXA, un des leaders du secteur, était allé jusqu’à qualifier la demande du ministre de chantage ».  

En général, la construction « jusqu’à + infinitif » sert à exprimer qu’une action est effectuée jusqu’à atteindre un certain point. L’action principale est exprimée par le verbe à l’infinitif.  Exemple : 
 » J’ai étudié le français jusqu’à devenir parfaitement bilingue » qui est une autre façon de dire :
« J’ai tellement étudié le français que je suis devenu parfaitement bilingue ». 

L’expression « aller jusqu’à + infinitif » exprime la même chose mais avec une petite nuance en général négative. En effet, « aller jusqu’à + infinitif »  signifie en général que la personne est allé très loin dans son action, et même souvent trop loin. Cette construction permet donc de souligner le caractère très fort, souvent exagéré, de l’action. 

Dans la phrase de l’article : 
1. les assureurs grincent des dents. Comme expliqué dans le point Lexique, cela veut dire qu’ils sont en colère mais que leur colère ne s’exprime pas de façon violente
2. mais ça n’est pas le cas de tous les assureurs. En effet, le PDG va jusqu’à qualifier la demande de chantage. Le mot « chantage » est très fort. Surtout quand on parle d’un ministre. Le fait d’utiliser la construction « aller jusqu’à + infinitif » me permet justement de souligner que le mot « chantage » est extrêmement fort.  

 

Crédit photo : Pixabay

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