Muji résiste au Japon mais plonge en Europe et aux USA

Le groupe japonais de distribution de vêtements et d’articles de maison Muji a annoncé une perte nette de 17 milliards de yen pour le semestre entre mars et août 2020, période marquée par la crise sanitaire mondiale. En 2019, Muji avait réalisé un profit net de 13 milliards de yen sur les mêmes six mois.

Le chiffre d’affaires du groupe a chuté de 216 milliards de yen à 179 milliards de yen sur le semestre, soit un recul de 17 % comparé à la même période en 2019. Néanmoins, Muji a commencé à redresser la barre sur le trimestre de juin à août 2020, avec des ventes en recul de seulement 9% par rapport au même trimestre 2019.

Les affaires du groupe au Japon résistent même plutôt bien à la crise avec un chiffre d’affaires en baisse de 9% sur le semestre, mais une très nette reprise au dernier trimestre (+14%). La baisse des ventes en magasin est en partie compensée par la hausse des ventes sur internet qui augmentent de 37% pour atteindre 11% des ventes dans le pays. Au total, le Japon représente environ 45% des magasins du groupe et 68% de son chiffre d’affaires.

La situation est bien différente en Europe et aux États-Unis où les ventes cumulées des deux régions ont presque été divisées par deux sur le semestre par rapport à 2019, atteignant tout juste 6,6 milliards de yen. La situation s’est encore aggravée au dernier trimestre avec des ventes quasiment divisées par trois. Entre juin et août dernier, le groupe enregistre même une perte d’exploitation de 3,3 milliards de yen sur la zone, largement supérieure au chiffre d’affaires de 2,5 milliards de yen.

Lexique : redresser la barre

« Néanmoins, Muji a commencé à redresser la barre sur le trimestre de juin à août 2020, avec des ventes en recul de seulement 9% par rapport au même trimestre 2019″.

Il s’agit (encore !) d’une expression venant de la mer et de la marine. La barre d’un bateau est la partie du gouvernail (= le « volant » pour faire simple) qui permet de diriger le bateau. La barre est en général entre les mains du capitaine du bateau. 

Des expressions comme « être à la barre » ou « tenir la barre » signifient donc diriger un bateau, mais on les utilise aussi quand on parle d’une entreprise ou d’un pays par exemple. La personne qui se trouve à la barre est la personne qui dirige : elle décide de la stratégie, de la direction de l »entreprise ou du pays. On dit aussi qu’elle fixe le cap (mot marin qui signifie « direction »). 

Le verbe « redresser » signifie « remettre droit, ou remettre en bonne position ». 

« Redresser la barre« , c’est donc remettre le bateau, l’entreprise, le pays (etc…) dans la bonne direction. Pour une entreprise, la bonne direction est naturellement l’augmentation des ventes et des bénéfices. 

Comme les ventes de Muji au Japon ont augmenté de 14% sur le dernier trimestre, après une nette baisse le trimestre précédent, on peut dire que le groupe a redressé la barre au dernier trimestre. 

 

Grammaire : même (adverbe )

« Entre juin et août dernier, le groupe enregistre même une perte d’exploitation de 3,3 milliards de yen, largement supérieure au chiffre d’affaires de 2,5 milliards de yen ».

Le mot « même » a différentes fonctions en français. Il peut être un adjectif, un pronom ou un adverbe. 

Ici en adjectif
« Muji n’a pas les mêmes problèmes en Europe qu’au Japon » 
Évidemment, quand il est utilisé comme adjectif, « même » s’accorde avec le nom qu’il accompagne. 

Ici en pronom :
« Les conditions ont changé avec le coronavirus. Ce ne sont plus
les mêmes« 
Évidemment, quand il est utilisé comme adjectif, « même » s’accorde avec le nom qu’il remplace (ici, « les conditions »).

En adverbe, donc :
« Entre juin et août dernier, le groupe enregistre même une perte d’exploitation de 3,3 milliards de yen, largement supérieure au chiffre d’affaires de 2,5 milliards de yen ».

L’adverbe « même » sert à renforcer, appuyer, souligner une information. Dans ce paragraphe de l’article, il sert aussi à marquer une progression dans la présentation des faits. 

En effet, je commence par dire que les résultats du semestre sont mauvais. Puis, je dis que la situation s’est encore aggravée au dernier trimestre (le mot « encore » marque déjà la progression). Enfin, je donne l’information la plus grave (les pertes sont supérieures au chiffre d’affaires) en appuyant encore plus avec l’adverbe « même« .  

Bien entendu, quand il est utilisé comme adverbe, « même » est invariable. 

 

Crédit photo : Site internet Muji

Partager sur facebook
Facebook
Partager sur twitter
Twitter
Partager sur linkedin
LinkedIn

ARTICLES RECENTS

Pause de Pâques

Je fais une petite pause pour les vacances de Pâques. Rendez-vous la semaine prochaine pour une nouvelle publication. Photo :

CONTINUER »