Partenariat industriel franco-japonais dans l’hydrogène

Depuis l’annonce par le gouvernement japonais de sa nouvelle feuille de route en matière d’énergies renouvelables, avec un objectif de neutralité carbone à l’horizon 2050, les groupes industriels japonais sont sous pression pour changer leur modèle productif, encore très largement dépendant des énergies fossiles.

Au Japon, comme en Europe et ailleurs dans le monde, l’hydrogène est vu comme une solution pour la production d’énergies propres et les pouvoirs publics se sont engagés à aider au développement de cette filière.

C’est dans ce contexte qu’Itochu Corporation, le groupe japonais de négoce, et la société française Air Liquide, le leader mondial dans le secteur des gaz industriels, viennent d’annoncer un accord de développement stratégique. Selon les termes de cet accord, les deux partenaires vont d’abord se focaliser sur le développement du circuit de distribution de l’hydrogène, notamment pour les véhicules particuliers mais aussi commerciaux, comme les camions et les bus.

Air Liquide est un géant de l’industrie française, pesant plus de 20 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel, et également un des leaders mondiaux dans la production d’hydrogène. Le groupe est par ailleurs implanté au Japon depuis bientôt un siècle, et y emploie aujourd’hui plus de 2 000 employés sur une centaine de sites. De son côté, Itochu est déjà très présent dans le domaine de l’énergie, tant au niveau de la distribution avec son réseau de stations-services qu’au niveau de la production d’énergies renouvelables.

Les synergies entre les deux sociétés semblent donc évidentes. Selon le Nikkei Asia, le partenariat devrait même aller bien au-delà de la distribution, avec notamment l’ambition de construire au Japon une des plus grosses usines de production d’hydrogène au monde d’ici 2025. 

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Lexique : une feuille de route

« Depuis l’annonce par le gouvernement japonais de sa nouvelle feuille de route en matière d’énergies renouvelables, avec un objectif de neutralité carbone à l’horizon 2050, les groupes industriels japonais sont sous pression pour changer leur modèle productif, encore très largement dépendant des énergies fossiles ».

L’expression « feuille de route » est à l’origine une expression militaire qui désigne un ordre officiel de transfert d’un groupe de personnes (soldats, en général) depuis leur lieu de stationnement vers un autre lieu. La feuille de route donne donc la destination finale ainsi que des étapes éventuelles et la route (le chemin) que le groupe de personnes doit suivre. 

Ce terme est aussi souvent utilisé dans le monde politique et des affaires. Dans ce cas-là, il désigne plus largement un objectif à atteindre pour l’ensemble du groupe (un ministère, une société, etc.) et, avec plus ou moins de précisions, des objectifs intermédiaires, un calendrier, les moyens mis en place, les outils de mesure ou de « reporting », etc… 

Dans le cas de la phrase d’exemple, le nouveau gouvernement de Yoshihide Suga a fixé un objectif de neutralité carbone pour l’ensemble du pays d’ici à 2050, avec notamment un objectif intermédiaire de disparition des véhicules « 100% essence » avant 2035. 

 

Grammaire : tant au niveau de… qu’au niveau de….

« De son côté, Itochu est déjà très présent dans le domaine de l’énergie, tant au niveau de la distribution avec son réseau de stations-services qu’au niveau de la production d’énergies renouvelables ».

On utilise l’expression « tant au niveau de XXX qu’au niveau de YYY » après une phrase (le plus souvent une affirmation) pour dire que cette affirmation est aussi vraie pour XXX que pour YYY, avec le même niveau d’intensité. 

Dans le cas de la phrase d’exemple : 
– l’affirmation est « Itochu est déjà très présent dans le domaine de l’énergie »
– XXX est « la distribution avec son réseau de stations-services »
– YYY est « la production d’énergies renouvelables »

En d’autres termes, la présence d’Itochu dans le domaine de l’énergie est aussi forte dans la distribution que dans la production.

On peut aussi exprimer la même chose en utilisant l’expression « aussi bien » en remplaçant pour une question de style « au niveau de » par « dans »  : 
« De son côté, Itochu est déjà très présent dans le domaine de l’énergie, aussi bien dans la distribution avec son réseau de stations-services que dans la production d’énergies renouvelables ».

Photo : Air Liquide (site pilote de production d’hydrogène au Danemark)

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