Pasona veut transférer 1200 employés sur l’île d’Awagi

Depuis de nombreuses années, le gouvernement japonais tente de limiter la croissance démographique de Tokyo, pour un meilleur équilibre entre la capitale et le reste du pays. La crise du coronavirus, bien que catastrophique pour l’économie japonaise, pourrait contribuer à la réalisation de cet objectif capital.

En effet, les habitudes de travail semblent durablement modifiées et les initiatives de grandes entreprises japonaises pour faciliter le télétravail, et plus généralement décentraliser leurs opérations, se multiplient. En juillet, le groupe Fujitsu avait ainsi expliqué vouloir diviser par deux la surface de ses bureaux dans les trois ans qui viennent.

Plus récemment, le groupe Pasona, leader dans le domaine des ressources humaines et du recrutement, a fait sensation en annonçant le transfert progressif de 1 200 employés de son siège social tokyoïte vers ses bureaux situés près de Kobe, sur l’île d’Awagi.

Le projet, prévu pour durer jusqu’en mai 2024, concerne essentiellement des employés des services informatiques et administratifs mais également des membres de la direction. Yasuyuki Nambu, PDG de la société a d’ailleurs lui-même déménagé son bureau à Awagi au mois d’avril, pour se protéger du coronavirus.

Le groupe explique aussi cette réorganisation par la volonté de mieux répartir ses opérations sensibles dans différents endroits, en particulier pour se protéger en cas de catastrophe naturelle.

Fondé en 1976, le groupe Pasona a réalisé un chiffre d’affaires annuel de 325 milliards de yen (2,6 milliards d’euros) en 2019, pour un résultat net après impôts de 595 millions de yen (4,8 millions d’euros). Il emploie environ 20 000 personnes.

Lexique : faire sensation

« Le groupe Pasona a fait sensation en annonçant la délocalisation progressive de 1 200 employés ». 

Le mot « sensation » désigne les impressions qu’une personne ressent par ces cinq sens (vue, ouïe, odorat, toucher, goût). On dit par exemple de certaines personnes qu’elles aiment les sensations fortes.

« Faire sensation » signifie donc généralement « faire une forte impression ». Comme cette annonce a fait une forte impression, il y a également l’idée que beaucoup de personnes en ont parlé. Aujourd’hui, et en particulier dans les médias et sur les réseaux sociaux, on pourrait aussi utiliser l’expression « faire le buzz » :
Le groupe Pasona a fait le buzz en annonçant la délocalisation progressive de 1 200 employés.

On utilise aussi l’adjectif « sensationnel » pour décrire une impression forte et, en général, positive :
Je suis allé à un concert hier. C’était sensationnel. (formidable)

« Sensationnel » est parfois raccourci à l’oral en « sensass' » (s prononcé), mais cette expression  n’est presque plus utilisée. 

Par contre, l’expression « à sensation » peut avoir une connotation négative. « La presse à sensation » désigne en général l’ensemble des journaux et magazines qui cherchent à impressionner avec des informations spectaculaires, pas toujours sérieuses ou vérifiées et souvent sur la vie privée des personnes célèbres (presse people).

 Grammaire : bien que + adjectif

« La crise du coronavirus, bien que catastrophique pour l’économie, pourrait contribuer à la réalisation de cet objectif».

« Bien que » est une conjonction de subordination qui sert à exprimer la concession, l’opposition entre deux idées. Généralement, « bien que » est suivi d’une phrase avec un verbe au subjonctif. Par exemple, j’aurais pu écrire :
« La crise du coronavirus, bien qu’elle soit catastrophique pour l’économie japonaise, pourrait contribuer à la réalisation de cet objectif ».

Cette phrase avec « bien que + subjonctif (soit) » est également correcte. Mais dans la phrase de l’article, la construction est différente. Il n’y a pas de verbe dans la subordonnée (soit) et « bien que » est suivi directement par un adjectif (catastrophique) :
« La crise du coronavirus, bien que catastrophique pour l’économie, pourrait contribuer à la réalisation de cet objectif».

La construction « bien que + adjectif » est possible uniquement quand le sujet de la subordonnée est le même que le sujet de la principale. Dans la subordonnée « bien que catastrophique pour l’économie» ET dans la principale « pourrait contribuer à la réalisation de cet objectif », le sujet est « la crise du coronavirus ». La crise du coronavirus est catastrophique pour l’économie ET pourrait contribuer à la réalisation de cet objectif.

Quand le sujet de la subordonnée est différent du sujet de la principale, il faut utiliser la construction « bien que + subjonctif ». Par exemple :
« Bien que la crise du coronavirus soit catastrophique, le gouvernement japonais pourrait en bénéficier pour réaliser son objectif de décentralisation du pays ».

Ici le sujet de la subordonnée est « la crise du coronavirus », mais le sujet de la principale est « le gouvernement japonais ».

Crédit photo : Life of Wu (Pexels)

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