Plus de créations d’entreprises, et moins de défaillances, en France en 2020

Alors que le pays a enchaîné les vagues du coronavirus et les épisodes de confinement l’an dernier, deux informations récemment publiées ont créé un effet de surprise. C’est d’abord l’INSEE, l’institut national de la statistique, qui a annoncé un nombre record de créations d’entreprises en France en 2020. Puis, la société Altares a publié son rapport annuel sur les défaillances d’entreprises françaises, montrant que celles-ci avaient largement reculé l’an dernier.

Deux nouvelles à priori excellentes mais qui ne constituent que la partie émergée de l’iceberg, et qu’il convient donc de relativiser.

Si les créations d’entreprises ont en effet atteint un niveau record l’an dernier, avec 850 000 créations soit 35 000 de plus qu’en 2019, ce sont les 630 000 nouvelles entreprises individuelles qui en ont représenté l’essentiel. En particulier, on observe une hausse très importante dans le secteur du transport où l’on peut penser que de nombreuses personnes ont créé une entreprise individuelle, notamment pour des plateformes de livraison de repas. D’après Les Échos, le chiffre d’affaires mensuel d’une entreprise individuelle de transport est inférieur à 1 000 euros par mois.

Les défaillances d’entreprise, qui regroupent les procédures de redressement et de liquidation judiciaires, ont concerné 32 200 sociétés en 2020, soit 38% de moins qu’en 2019 et surtout le total le plus bas depuis 30 ans. Mais ce sont essentiellement les nombreuses aides de l’État français, et non la performance des entreprises, qui sont à l’origine de ces bons chiffres. Selon différentes estimations, les aides publiques accordées en réponse à la crise du coronavirus atteignaient près de 90 milliards d’euros fin 2020.

D’après de nombreux analystes, il est malheureusement très probable que les défaillances d’entreprises augmentent de façon importante dans les prochains mois.

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Lexique 1 : la partie émergée de l’iceberg

« Deux nouvelles à priori excellentes mais qui ne constituent que la partie émergée de l’iceberg, et qu’il convient donc de relativiser ».

Un iceberg est un énorme bloc de glace que l’on trouve en général près des pôles, Nord et Sud. Il est composée d’une partie émergée (au-dessus de l’eau) et d’une partie immergée (sous l’eau). La partie émergée représente en général moins de 20% de la masse totale de l’iceberg et c’est bien sûr la partie qui est visible (puisqu’elle est au-dessus de l’eau). 

Par conséquent, quand on parle d’un problème ou plus généralement une situation, on peut utiliser l’image de la partie émergée de l’iceberg quand on veut dire qu’on a une vision limitée, incomplète, de cette situation. Cela permet de relativiser une première affirmation.

Dans le cas de l’article, je donne d’abord deux bonnes nouvelles qui sont donc la partie immédiatement visible de la situation. Mais, si on regarde l’ensemble de la situation, et donc ce qu’il y a en dessous (la partie immergée), celle-ci n’est pas si positive.  

 

Lexique 2 : redressement et liquidation judiciaire

« Les défaillances d’entreprise, qui regroupent les procédures de redressement et de liquidation judiciaires, ont concerné 32 200 sociétés en 2020, soit 38% de moins qu’en 2019 et surtout le total le plus bas depuis 30 ans ».

Le redressement et la liquidation sont deux procédures judiciaires qui sont menées quand une entreprise est en difficulté financière. Mais elles sont différentes. 

Le redressement judiciaire est une procédure du tribunal de commerce. Si une entreprise est en difficulté, elle peut elle-même demander son redressement judiciaire, en faisant un dépôt de bilan. Des créanciers de l’entreprise (par exemple des fournisseurs) peuvent aussi demander cette procédure au tribunal. Ensuite le redressement judiciaire consiste en une phase d’observation de l’activité de l’entreprise. Le tribunal de commerce nomme des experts qui vont décider si l’entreprise peut continuer son activité ou pas. C’est là le but du redressement judiciaire : voir si l’entreprise peut être sauvée

Si l’entreprise ne peut pas être sauvée, le tribunal décide d’arrêter complètement l’activité de l’entreprise. Celle-ci disparait alors. C’est alors la liquidation judiciaire. Le tribunal organise la disparition de l’entreprise, sa liquidation, avec notamment la vente de ses actifs (par exemple, machines, usines, marques, etc.). 

Grammaire : en (pronom / « de + nom »)

« Si les créations d’entreprises ont en effet atteint un niveau record l’an dernier, avec 850 000 créations soit 35 000 de plus qu’en 2019, ce sont les 630 000 nouvelles entreprises individuelles qui en ont représenté l’essentiel ».

Le pronom « en » permet de remplacer un nom (ou un groupe nominal) précédé de la préposition « de« . 

Simplifions la phrase tirée de l’article et séparons la en deux parties :
1. Les créations d’entreprises ont atteint un niveau record l’an dernier. 
2. Les nouvelles entreprises ont représenté l’essentiel des créations d’entreprises

Le groupe nominal « créations d’entreprises » est bien précédé de la préposition « de » (de + les = des). Si je veux de nouveau regrouper ces deux phrases en une seule et éviter les répétitions, je vais utiliser le pronom « en » pour remplacer « des créations d’entreprises » :

« Si les créations d’entreprises ont atteint un niveau record l’an dernier, ce sont les nouvelles entreprises qui en ont représenté l’essentiel ». 

Attention : sauf dans les cas où on utilise l’impératif (« Prends-en un » quand on propose à quelqu’un de prendre un chocolat dans une boîte par exemple), le pronom « en » est toujours placé avant le verbe conjugué. 

Photo : Pixabay

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