Toyota, Nissan et les autres craignent un Brexit sans accord

Les discussions sur les conditions du Brexit s’éternisent et la tension est récemment montée entre le Royaume-Uni et L’Union européenne. À tel point que les deux parties envisagent maintenant un « no deal », c’est-à-dire une sortie du Royaume-Uni de l’Europe sans accord de libre-échange.

Les conséquences d’un divorce sans accord seraient massives pour les industries des deux côtés de la Manche, et en particulier pour l’industrie automobile. En effet, le Royaume-Uni est un centre automobile important avec environ 1,5 million de voitures produites par an. En cas de « no deal », des frais de douane de 10% s’appliqueraient aux exportations en Europe de voitures produites au Royaume-Uni. Et réciproquement.

En septembre, l’Association Européenne des Constructeurs Automobiles avait tiré la sonnette d’alarme, estimant qu’un « no deal » ferait perdre 100 milliards d’euros sur 5 ans à l’ensemble de la filière automobile. Selon l’association, les frais de douane supplémentaires seraient forcément répercutés sur les prix de vente aux consommateurs parce que les marges des constructeurs sont faibles.

Toyota et Nissan, qui possèdent tous les deux des unités de production au Royaume-Uni, auraient déjà mis la pression sur le gouvernement britannique. Nissan est particulièrement exposé car le constructeur possède à Sunderland la plus grosse usine automobile du pays, où il emploie plus de 7 000 personnes. D’après un article du Financial Times, Nissan aurait menacé de ne plus produire son SUV Qashqai sur ce site en cas de « no deal », ce qui entraînerait probablement la fermeture pure et simple de l’usine.

Honda avait déjà annoncé l’an dernier la fermeture de sa seule usine anglaise en 2021. D’autres pourraient suivre, comme le français PSA qui a aussi annoncé qu’il fermerait ses usines au Royaume-Uni en cas de Brexit sans accord commercial.

Lexique : tirer la semaine dernière

« En septembre, l’Association Européenne des Constructeurs Automobiles avait tiré la sonnette d’alarme, estimant qu’un « no deal » ferait perdre 100 milliards d’euros sur 5 ans à l’ensemble de la filière automobile ».

L’expression vient de la sonnette d’alarme (aussi appelée le signal d’alarme) que l’on trouve notamment dans les trains. Quand on veut avertir d’un danger très proche et attirer l’attention des personnes en charge du train mais aussi de l’ensemble des passagers, on actionne le signal d’alarme. Autrement dit, on tire la sonnette d’alarme

L’expression est donc aussi utilisée dans un sens plus général comme c’est le cas dans l’article. L’Association des Constructeurs Européens Automobiles a identifié un danger = le risque de perdre plus de 100 milliards d’euros en cas de Brexit sans accord commercial. Elle tire la sonnette d’alarme pour attirer l’attention des gouvernements et de l’opinion publique sur ce problème, notamment en publiant un communiqué de presse alarmant

On peut aussi utiliser l’expression « lancer un cri d’alarme« , qui apporte une nuance un peu plus dramatique encore que « tirer la sonnette d’alarme » :
« En septembre, l’Association Européenne des Constructeurs Automobiles avait lancé un cri d’alarme, estimant qu’un « no deal » ferait perdre 100 milliards d’euros sur 5 ans à l’ensemble de la filière automobile ».

Grammaire: à tel point que

« Les discussions sur les conditions du Brexit s’éternisent et la tension est récemment montée entre le Royaume-Uni et L’Union européenne. À tel point que les deux parties envisagent maintenant un « no deal », c’est-à-dire une sortie du Royaume-Uni de l’Europe sans accord de libre-échange ».

Simplifions la phrase pour les besoins de l’explication :
« La tension est montée,
à tel point qu’un « no deal » est devenu possible. 

L’expression « à tel point que » permet d’exprimer un lien entre la cause (la tension est montée) et la conséquence (un « no deal » est possible). Mais le fait d’utiliser « à tel point que » apporte une information supplémentaire : l’intensité de la cause

Quand je dis « La tension est montée, à tel point qu’un « no deal » est devenu possible », je souligne le fait que la tension est montée très haut, jusqu’au point où un « no deal » est devenu possible. 

L’expression « à tel point que‘ » fonctionne donc comme l’expression « tellement que« . J’aurais aussi bien pu écrire :
« La tension est tellement montée qu’un « no deal » est devenu possible ». 

 On utilise donc « à tel point que » et « tellement que » quand on parle de quelque chose que l’on peut mesurer. La température par exemple : 
« Il a fait chaud cette nuit, à tel point que j’ai dormi les fenêtres ouvertes »
« Il a fait tellement chaud cette nuit que j’ai dormi les fenêtres ouvertes »

Crédit photo : Nissan UK

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