TVA : fin d’une « bizarrerie » japonaise

En France, on dit que le client est roi. Au Japon, le client est dieu, et ce n’est pas qu’une simple question de vocabulaire. Le service au Japon est globalement bien meilleur qu’en France et notamment dans les magasins où les vendeurs font le maximum pour le confort des « dieux ». Néanmoins, ces derniers sont fréquemment priés de calculer eux-mêmes le prix final de leur achat, car les prix affichés sont souvent HT (Hors Taxe).

Cette bizarrerie, vu de France, va prendre fin au printemps prochain. En effet, le gouvernement japonais a décidé de rendre obligatoire l’affichage des prix en valeur TTC (Toutes Taxes Comprises) à partir du 1er avril prochain. Cette obligation s’appliquera aussi bien aux commerces traditionnels qu’aux sites internet. Les publicités à destination du grand public devront également afficher le prix TTC.

La TVA (Taxe sur la Valeur Ajoutée), et l’inflation liée, sont depuis plusieurs années des sujets sensibles au Japon. Le pays a introduit cette taxe sur la consommation en 1989 seulement, soit 35 ans après la France, et après plusieurs tentatives avortées sous la pression de l’opinion publique. En trente ans, le taux de TVA japonais est passé progressivement de 3% à 10% aujourd’hui, avec un taux réduit de 8% pour certains produits dont les produits alimentaires. En France, le taux principal est de 20% pour la plupart des produits, avec des taux réduits à 10, 5,5 et 2,1%.

À l’heure actuelle, beaucoup de commerçants japonais préfèrent toujours afficher les prix HT dans le but de montrer des prix plus bas… et bien souvent inchangés depuis longtemps. Le salaire moyen d’un Japonais étant aujourd’hui environ le même qu’il y a 20 ans, l’inflation est un sujet très sensible, au point que de nombreuses marques préfèrent réduire un produit plutôt qu’augmenter son prix.

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Lexique : avortées 

« Le pays a introduit cette taxe sur la consommation en 1989 seulement, soit 35 ans après la France, après plusieurs tentatives avortées sous la pression de l’opinion publique ».

« Avorter » est d’abord un terme médical qui définit le fait de retirer un fœtus ou un embryon d’une femme enceinte. Pour désigner l’opération en elle-même, on utilise le terme « l’avortement« .  

Par extension, on utilise souvent l’adjectif « avorté » pour parler d’un projet qui a été commencé mais qui n’est pas allé jusqu’à son terme, c’est à dire qu’il n’a pas été terminé. 

Dans notre phrase d’exemple : 
– le pays (le gouvernement) a eu plusieurs fois le projet de mettre en place une taxe sur la consommation (TVA) mais…
–  …. il a dû renoncer à ce projet parce que l’opinion publique y était très défavorable

 

Grammaire : eux-mêmes (prénoms toniques)

« Néanmoins, les clients sont fréquemment priés de calculer eux-mêmes le prix final de leur achat, car les prix affichés sont souvent HT (Hors Taxe) ».

Avant de rentrer dans le détail de la grammaire, précisons qu’on peut tout à fait écrire la même phrase sans « eux-mêmes » :
 » « Néanmoins, les clients sont fréquemment priés de calculer le prix final de leur achat, car les prix affichés sont souvent HT (Hors Taxe) ». 

Le sens de la phrase est globalement identique : le clients calculent le prix final. Mais, quand j’utilise « eux-mêmes« , j’insiste sur le fait que ce sont eux (les clients) qui doivent calculer le prix. Sous-entendu : normalement, ça n’est pas aux clients de calculer le prix final. Le prix final devrait être clairement affiché. 

« Eux » est un pronom tonique comme « moi » ou « toi » par exemple. Pour rappel, vous trouverez plus bas le tableau des pronoms toniques. On utilise en général les pronoms toniques quand on veut insister, renforcer un nom ou un pronom. Par exemple : 
« Non, ça n’est pas à moi de faire ça ! C’est à toi ! C’est ton travail »
« Tout le monde fait comme ça mais lui, il a décidé de faire autrement »

Le fait de rajouter « -mêmes » renforce encore plus l’identité des personnes et le fait que ce sont elles, et personne d’autre, qui font l’action. 

Attention : « même » se comporte comme un adjectif et se conjugue avec le pronom, ce qui donne donc : moi-même, toi-même, lui-même, elle-même, nous-mêmes, vous-même (avec une personne qu’on vouvoie), vous-mêmes (plusieurs personne), eux-mêmes, elles-mêmes. 

Il y a toujours un trait d’union entre le pronom tonique et « même(s) » ». 

Singulier
Pluriel
1ère personne
moi
nous
2ème personne
toi
vous
3ème personne
lui, elle
eux, elles

Photo : stevepb (Pixabay)

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